Pourquoi un animal?

Pourquoi un animal? Un animal, surtout un chat, je parle du chat, c’est une vérité, une liberté. Bien sûr en partie socialisée parce que ce sont des animaux domestiques. Mais en même temps sans aucune des exigences et des masques que l’homme revêt, en société par nécessité. Donc un animal non dressé, un peu domestique c’est vrai, mais qui comme pour un chat reste au fond une liberté, c’est la vie dans son authenticité. C’est un peu comme une plante si vous voulez. Quand on met une plante en pot c’est aussi la vie. Je crois que c’est un peu pour ça qu’on voit aujourd’hui les gens dans nos sociétés avoir de plus en plus d’animaux et de plus en plus de plantes. La vie vraie des gens et leurs visages vrais deviennent si rare, se masquent si souvent qu’on a envie de pouvoir avoir un animal.

Max Gallo entendu dans l’émission radio Sur les Docks: A plumes et à poils, un documentaire de Vinciane Moeschler

http://www.franceculture.fr/emissions/sur-les-docks/plumes-et-poils

La ville mexicaine qui éclate des piñatas remplies d’animaux vivants

Cet article a été initialement publié sur VICE Mexique puis publié sur http://www.vice.com/fr/read/sacrifice-animaux-citilcum-922?utm_source=vicefrfb Par Tomás Martín

Toutes les photos sont de Hugo Borges

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Chaque année, sans exception, les habitants de la ville de Citilcum célèbrent un rituel connu sous le nom de Kots Kaal Pato. Pour résumer grossièrement, les habitants se parent de leurs plus beaux habits, se réunissent près d’une structure en bois située dans le centre-ville avant de tuer un tas d’animaux innocents.

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Le Kots Kaal Pato n’est pas si éloigné des traditionnelles piñatas du Mexique. Mais au lieu de remplir un récipient en papier mâché de bonbons colorés, les gens y insèrent des animaux vivants réunis par les enfants de la ville. Si la plupart de ces pauvres animaux sont des iguanes, on peut aussi y trouver des espèces en voie de disparition, comme des opossums.

Ce rituel voit ensuite les gens se succéder pour frapper les animaux avec des bâtons. Malheureusement, les rares bêtes qui survivent à l’issue du massacre succombent souvent à leurs blessures. Si elles arrivent miraculeusement à s’échapper, la foule s’empresse de les rattraper pour les écraser.

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Après avoir écoulé leur stock d’opossums, les habitants de Citilcum ont amené un canard. L’oiseau est attaché et pendu à une structure en bois, et les gens se bousculent pour être les premiers à l’attraper.

Bien évidemment, le canard est mort au moment où sa nuque a été brisée, mais il faut parfois un peu de temps pour que le « champion » parvienne à décapiter l’animal. Le public finit souvent aspergé de sang. Le plus choquant, c’est que les habitants ne semblent pas du tout troublés par ce spectacle macabre. Au contraire, tous semblent éprouver une certaine joie.sacrifice-animaux-citilcum-922-body-image-1432818141

Bien que cet événement soit très important pour les gens de Citilcum, aucune des personnes présentes n’a été en mesure de m’expliquer les origines de cette tradition cruelle – pas même les anciens du village.

« On ne sait pas vraiment d’où vient cette tradition. Mes parents m’ont appris son existence, et eux-mêmes le tiennent de leurs propres parents, etc. À l’époque, le rituel se pratiquait autour d’un kapokier situé non loin d’ici, mais en 2002 – quand l’ouragan Isidore a sévi sur le Yucatán –, l’arbre est tombé », m’a raconté Idelfonso Tec, un vieil homme né à Citilcum. Depuis, la célébration se déroule dans un parc situé près des établissements municipaux de la ville.

Freddy Poot Sosa, un chercheur spécialisé dans la culture maya, avait l’air aussi peu informé sur l’événement. « Je ne savais pas du tout qu’une telle célébration existait. J’imagine que c’est une tradition très locale et exclusive », m’a-t-il confié.

Personne ne sait vraiment comment ce rituel a commencé, mais une chose demeure certaine – le Kots Kaal Pato existe encore en 2015.

États-Unis: un ours photographié couché dans le hamac d’une maison en Floride

L’ours qui se repose dans le hamac. Photo: Reuters

 

Le propriétaire de la propriété, Vincent James, dit que l’animal s’est hissé et « s’est allongé comme s’il était un touriste ».

Au début quelque chose lui a fait peur, mais quelques instant après il est retourné vers le hamac », raconte James.

L’ours est resté pendant 20 minutes avant de retourner vers la forêt.

Les rapports indiquent que l’animal avait été vu faisant les poubelles dans le quartier les jours précédents.

Le photographe local Rafael Torres a suivi l’ours et a réussi à le photographier à 20 mètres de distance environ.

Le propriétaire de la maison a décidé de retirer le hamac après l’incident provoqué par cet intrus très particulier

Traduit de l’article: http://www.lanacion.com.ar/1698344-eeuu-fotografian-a-un-oso-acostado-en-la-hamaca-de-una-casa-de-florida

Animaux totémiques et dragons processionels

Le bestiaire fantastique

Du 26 avril au 21 septembre 2014 au Centre français du patrimoine immatériel à Vitré
Entrée libre du mardi au dimanche de 14h à 18h / Renseignements : 02 99 75 82 90

Vieux et jeune poulain @2008 Clup Piscènois Tarasque @ Maison des Géants "Tribus Lupis" le loup à trois tête, Cournonterral (34) @ Marie (...) Illustration "Animaux totémiques et dragons processionnels"

Où peut-on rencontrer un chameau à une bosse ?
Un poulain à 18 pattes ?
Un bœuf qui avale les jeunes enfants ?

Apparues vers le XVe siècle, les processions d’animaux gigantesques, de monstres et de dragons, à l’occasion de carnavals ou de fêtes votives, demeurent très vivantes dans le Sud de la France, particulièrement en Languedoc-Roussillon. Le Poulain de Pézenas, lo Camel de Béziers, le Bœuf de Mèze et, en Provence, la célèbre Tarasque de Tarascon, figurent parmi les éléments les plus anciens de ce bestiaire fantastique, que l’on rencontre également en Espagne voisine ou en Belgique.

Ces “animaux totémiques” qui ont trait à l’origine légendaire, à l’histoire ou à la vie de la cité, conservent pour les habitants une importante valeur symbolique et identitaire. Le maniement de ces bêtes géantes de bois et de toile, accompagnées de chivalets et de musiciens (hautbois, fifres, tambours…), obéit à un rituel précis, parfois transmis depuis plusieurs siècles. Mais de nouvelles effigies apparaissent ou réapparaissent aussi chaque année, témoignant d’un étonnant dynamisme.

Après les géants du Nord de la France et de Belgique en 2013, le CFPCI invite à Vitré les animaux-totems et dragons des fêtes méridionales : un drôle de bestiaire à découvrir en photo, en vidéo ou “en vrai” !

Le carnaval de Pézenas et son Poulain ainsi que les fêtes de la Tarasque de Tarascon ont été inscrits en 2008 sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO au titre des « Géants et dragons processionnels de Belgique et de France ».

En partenariat avec le CIRDÒC – mediatèca occitana, le Musée du Biterrois et la Ville de Pézenas
Avec le soutien de la Région Languedoc-Roussillon et de la Ville de Vitré

Télécharger le communiqué de presse
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Aller sur le site du Centre français de patrimoine culturel immatériel (CFPCI) – Maison des Cultures du Monde à Vitré

Projet d’inventaire « Géants, animaux et dragons processionnels de France » (2012-2015) porté par le CFPCI
L’exposition « Animaux totémiques et dragons processionnels – le bestiaire fantastique » est organisée dans le cadre des appels à projets du Ministère de la Culture et de la Communication remportés par le CFPCI en 2012 et 2013 au titre de l’inventaire du patrimoine culturel immatériel de la France, en application de la Convention UNESCO de 2003. L’ensemble du projet d’inventaire des géants, dragons et animaux totémiques de France, réalisé avec la participation des communautés, associe recherche, documentation et action culturelle en faveur de la reconnaissance et de la valorisation de ces manifestations festives. Le premier volet consacré aux géants au nord de la France a été mené en étroite collaboration avec la Maison des Géants et la Ronde des Géants. Pour ce deuxième appel à projets dédié aux fêtes occitanes et leurs animaux totems, le CFPCI s’est associé au CIRDOC.

Source: http://www.festivaldelimaginaire.com/ANIMAUX-TOTEMIQUES-ET-DRAGONS-PROCESSIONNELS.html

Char made in Brésil pour la Cavalcade de Herve

Comme les autres carnavals de la région, la cavalcade de Herve n’échappe pas à la folie du Mundial. Parmi les 40 groupes et chars qui défileront ce lundi de Pâques, trois sont clairement estampillés « Brésil ». En plus des traditionnelles danseuses brésiliennes, « Go to Brazil » et « Viva Brasil » seront du cortège respectivement en 5e et 21e position. Et c’est Alain Taillard, le plus brésilien des Herviens qui trônera sur le 21e char constitué de costumes et éléments de décor qu’il a directement importé du Brésil.

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Le char n’est pas encore fini, mais le sera pour lundi !

Les battements du temps. Le langage des oiseaux.

Source  « Sur les épaules de Darwin » de Jean Claude Ameisen: http://www.franceinter.fr/emission-sur-les-epaules-de-darwin-les-battements-du-temps-27-le-langage-des-oiseaux-2-0

Cette émission est la rediffusion de l’émission du 31 mars 2012
Elle figure dans le dernier chapitre du livre « Sur les épaules de Darwin. Les battements du temps ». France Inter/LLL 2012, pages 315-416.

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Chaque microcosme contient et reflète le cosmos entier. Une idée qui fascine les artistes de la renaissance italienne.

Les peintres de la renaissance découvriront un moyen de faire entrer le monde et l’harmonie de ces proportions dans un microcosme qui le contient et le reflète. À la magie des couleurs, des ombres et des lumières, ils ajouteront une géométrie plus abstraite : les lois de la perceptive. Sur la petite surface plate d’un tableau, le monde surgira en relief. En 1435, Léon Battista Alberti publie De Pictura, de la Peinture, où il expose les bases scientifiques de la perceptive. « Il faut, dit Alberti, il faut que l’artiste imite la nature et exprime sa beauté. Et pour ce faire, il doit utiliser les lois des mathématiques et de l’optique ». Mais l’histoire de la perceptive en peinture avait une origine plus ancienne. Les premières études sur les bases des illusions d’optiques et de la perceptive avait été présenté 400 ans avant le traité d’Alberti, au XIème siècle par Alhazen, dans son traité d’optique Kitab al-Manazir, qui avait été traduit en italien au XIVème siècle. Mais c’est l’ingénieur et architecte Filippo Brunelleschi, le bâtisseur du dôme de la Cathédrale Santa Maria Del Fiore de Florence, qui vers 1425, peindra les premiers tableaux en utilisant les lois géométriques de la perceptive. En se servant d’un miroir, il copie le reflet en deux dimensions du baptistaire de la cathédrale. Un tableau dans lequel toutes les lignes de fuite convergent vers un même point à l’horizon. Et c’est 10 ans plus tard qu’Alberti réalisera une formalisation mathématique de ces lois de la perceptive et expliquera notamment, comment la diminution progressive de la taille des objets donne l’illusion de leur éloignement progressif.

Et à partir de ce moment, il deviendra possible de tout peindre en donnant l’illusion de la profondeur

du relief, y compris ce qui ne peut se refléter dans un miroir. Y compris des mondes imaginaires.

D’abord, imiter puis s’échapper de la copie. Inventer, créer à partir de lois abstraites. Mieux voir, pour mieux donner à voir, à l’aide de l’illusion. Mais remontons le temps. Il y a longtemps, il y a très longtemps, avant Leon Battista Alberti, avant Filippo Brunelleschi, avant Alhazen, très loin des rives de la méditerranée, en Australie, d’étranges variations sur les lois de la perspective étaient réalisées dans d’autres œuvres architecturales, qui visaient à séduire. Longtemps avant que nos ancêtres ne commencent à peindre leurs fresques, sur les parois de pierre de Lascaux, Ardennes et Chauvet, des œuvres, réalisées par des oiseaux, des œuvres d’arts dont l’origine plonge probablement dans la nuit des temps.

Le pouvoir de séduction des oiseaux ne dépend pas uniquement de la splendeur de leurs chants, de leurs danses et de leurs couleurs. Il dépend parfois aussi de leurs réalisations architecturales. De ces tonnelles et de ces jardins de pierres. De ces scènes de théâtre en trompe l’œil que bâtissent les oiseaux jardiniers d’Australie, pour y chanter, y parader et y séduire les dam-oiselles qui viennent visiter leur territoire. Cette sensation de beauté, qui émerge de l’harmonie des formes et des couleurs et parfois aussi d’un étrange et subtile jeu d’illusion d’optique, d’un jeu de perspective. Les oiseaux jardiniers appartiennent à la famille des corvidés: la famille des corbeaux, des geais, des pies voleuses. Une famille d’oiseau dont des recherches récentes ont commencé à révéler la richesse de leur capacité mentale, cognitives. Les oiseaux jardiniers sont des architectes, des paysagistes, des acteurs et des chanteurs. Ils sont comme des acteurs qui construiraient eux-mêmes la scène de théâtre où ils joueront leur pièce. Comme des musiciens qui bâtiraient eux-mêmes leur salle de concert. Durant la plus grande partie de l’année, ils se consacrent à la construction de leur jardin qui, à la saison des amours, leur permettra de tenter de séduire une compagne. Ils commencent par bâtir une allée, bordée de petites branches qui se rejoignent en formant une voûte. C’est l’équivalent d’une tonnelle.

L’allée ouvre sur un espace qui, suivant l’espèce à laquelle appartient l’oiseau jardinier, peut être parsemé de coquillage, de cailloux, de petits os, de feuilles et de fleurs et de baies de fruits, de différentes formes et couleurs. Et aussi dans les régions où résident les populations humaines, de différents objets en couleurs fabriqués par l’homme, des capsules de bouteille, de petits morceaux de plastique, des pailles, des stylos billes. À la saison des amours, la dam-oiselle s’engagera dans l’allée, sous la tonnelle, s’arrêtera sur le seuil et examinera le jardin et l’acteur, le troubadour, le baladin qui parade dans le jardin qu’il a soigneusement agencé.

Chez les oiseaux jardiniers satinés, Ptilonorhynchus violaceus, le jardin est décoré de nombreux objets de couleur bleus. Les jardiniers satinés n’aiment pas les objets rouges. Si les chercheurs en déposent dans leur jardin, les jardiniers les retirent aussitôt et les transportent à l’extérieur. Leur jardin est parsemé de bleu, la couleur de leurs yeux. Les oiseaux ont les yeux bleus pâles, les oiselles ont des yeux plus foncés, bleu lilas et le plumage des messieurs et d’un noir dans lequel la diffraction de la lumière fait surgir une teinte bleue métallique. Et ainsi, la couleur qu’ils donnent à leur jardin est un reflet de leur propre couleur. Les chercheurs se sont demandés qu’elle serait l’effet d’une accentuation artificielle de la couleur bleue de ces jardins sur le pouvoir de séduction exercé par les jardiniers. Ils ont enrichi au hasard certains des jardins en objets de couleur bleue. Les résultats de leur étude ont été publiés en 2004 dans la revue Nature. Chez les jardiniers satinés, les dam-oiselles ne se laissent pas séduire aisément, leur choix est minutieux. Elles visitent de nombreux jardins. Elles évoluent à nombreuses reprises différentes facettes des talents de leurs prétendants, leurs scènes de théâtre, leurs parades, leurs chants, pour finir qu’à ne s’unir qu’avec un seul. La première étape est une visite au jardin lorsque l’artiste est absent. La dame s’avance dans la tonnelle et examine attentivement le jardin. La deuxième étape est un retour aux différents jardins qu’elle a le plus apprécié, mais cette fois en présence de l’artiste. Et l’étude indique que parmi les jardins où elle revient la seconde fois, figurent en plus grande proportion des jardins dont les chercheurs ont artificiellement accentué la couleur bleue. Lors de cette deuxième visite, l’artiste parade, il fait des bonds, chante, pousse des cris. C’est une chorégraphie assez violente, qui ressemble à l’attitude qu’il adopte dans des conflits et qui impressionne son adversaire. Si la dame n’a pas été séduite par cette deuxième visite, elle repart visiter d’autres jardins dans lesquels sont présents d’autres jardiniers. En revanche, si elle a été séduite, elle se retire et construit pendant une semaine son nid dans un endroit discret et peu visible. Puis elle revient pour une troisième visite, dans chacun des jardins des prétendants qui lui avaient plu avant qu’elle parte construire son nid. Elle contemple une dernière fois chacun des jardins et les exploits de chacun des artistes qu’elle va enfin départager. Elle les compare une dernière fois puis choisi et vient s’unir dans son jardin à celui qui a fait chavirer son cœur.

Puis elle repart seule, pondre et couver ses œufs dans le nid qu’elle a construit et c’est seule qu’elle nourrira et protègera ses oisillons.

Le séducteur, lui, se consacre entièrement pendant la plus grande partie de l’année, à la construction obsessionnelle et minutieuse de son jardin, l’entretenant, assemblant les objets, les volant dans le jardin de ses voisins et protégeant son merveilleux jardin contre les voleurs.

Mais il y a plus dans cette publication que la chronique minutieuse des étranges étapes de cette cour

qui conduisent aux amours chez les jardiniers satinés. Le but de l’étude était d’explorer si chacun de ses éléments de séductions – la tonnelle, la couleur bleue de la scène de théâtre puis dans le même décor la parade, les bonds, les couleurs du plumage, le chant et les cris – additionnés progressivement, s’amplifiant les uns les autres et se fondant finalement lors de la dernière visite dans un tout, un tourbillon de son, de forme, de mouvement et de couleur comme une forme de synesthésie. Et l’artiste le plus irrésistible pour toutes les dam-oiselles serait celui qui réussirait à jouer au mieux de chacun de ces instruments. Puis, devenu comme un homme orchestre, réussirait à en faire émerger la plus belle symphonie, enivrant tous les sens. Mais l’alternative à cette possibilité était que chacun de ces instruments de séduction pourrait exercer un effet différent sur différentes oiselles et que jouer séparément puis ensemble de ces différents instruments aurait comme effet de séduire différentes oiselles, qui ne partagent pas les mêmes goûts. Les chercheurs ont artificiellement renforcé la couleur bleue de certains jardins et ces jardins ont été considérés comme

plus séduisant par une majorité des oiselles dès leur première visite. Ce sont à ces jardins qu’elles sont le plus souvent revenues la deuxième fois, lorsque l’artiste est présent. Elles ont alors découvert la parade guerrière, les bonds, le chant, les cris. Et là, les oiselles n’apprécient pas de la même façon, elles n’ont pas les mêmes goûts. Leurs goûts diffèrent en fonction de leur âge.

Les dam-oiselles les plus jeunes, celles qui ont un an ou deux ans, reviendront dans les jardins les plus bleus, indépendamment de la qualité de la parade. Ce qui les séduira jusqu’à la fin, c’est l’intensité de la couleur bleue du jardin, mais pas la qualité de la parade. La parade d’une manière générale semble plutôt les effrayer. Les dam-oiselles les moins jeunes, les plus expérimentées, celles qui ont trois ans et plus seront séduites par les messieurs oiseaux dont la parade est la plus spectaculaire. Que leur jardin soit artificiellement bleu ou pas, c’est à l’un des messieurs dont la parade a été la plus extraordinaire qu’elles finiront par s’unir. Pour les plus jeunes, c’est la couleur bleue qui les fait chavirer. Pour les moins jeunes, c’est la danse, les sauts et les cris. L’artiste jardinier satiné déploie durant sa cour différentes facettes de ses talents, différentes oiselles seront sensibles à certaines de ses facettes, mais pas à d’autres parce que leurs goûts varient durant leur existence.

Mais revenons à la perceptive, au trompe l’oeil, aux illusions d’optiques. Parmi les oiseaux jardiniers, ce sont les jardiniers à nuque rose, Ptilonorhynchus nuchalis, qui bâtissent les jardins les plus sophistiqués. Les messieurs oiseaux ont un plumage gris clair avec une collerette rose sur la nuque. Ils n’ont pas les yeux bleus et n’ont pas, contrairement aux jardiniers satinés, d’attirance particulières pour les objets bleus. Leur jardin consiste en une grande tonnelle, formées de deux haies parallèles de bâtons, formant une allée couverte de plus d’un demi-mètre de long et de près d’un demi-mètre de haut. L’allée est orientée sud-nord et à l’extrémité nord, le jardinier construit une cour, pavée de coquillages, de cailloux, d’ossement et d’objets fabriqués par l’homme, le tout de couleur grise, la couleur de son plumage. Ce pavage gris uniforme a été nommé le gesso, en référence à cet enduit de gypse ou plâtre, dont les peintre sur bois, comme ceux du quattrocento italien, enduisant leur tableau de bois avant de peindre. Et sur ce gesso, sur ce fond gris uniforme, l’artiste dépose des objets de couleurs orange ou rouge ou vert, des feuilles, des branches, des baies de fruits, des capsules de bouteilles. L’oiselle s’engage dans la tonnelle par l’entrée sud et s’installe à l’extrémité nord. Elle contemple le tableau sur lequel l’artiste danse et fait sa cour. Il prend des pauses, parade, sautille, chante et prend dans ses pattes des objets de couleurs, les brandit, saute et jette les objets de couleurs à un autre endroit. Le gesso gris reste inchangé, mais les couleurs du tableau se mette à vivre, à se déplacer. La dam-oiselle observe, va visiter d’autres jardins puis choisi enfin l’artiste qui l’a séduite. John Endler est professeur d’écologie sensorielle, de zoologie et d’évolution en Australie. Il explore depuis des années une notion que Darwin considérait comme essentiel, ce qu’il appelait la sensation esthétique, la sensation de beauté. Comment varient et évoluent ces réponses sensorielles, ces émotions ? Quels rôles jouent-elles dans les séductions ? Il y a deux ans, John Endler et ses collaborateurs publient dans la revue Current Biology, une découverte qu’ils ont faite en découvrant les réalisations des jardiniers à nuque rose. Ils ont observé les jardins en ce mettant à la place des dam-oiselles et regardant en ce plaçant à l’extrémité nord de la tonnelle, à hauteur de regard de l’oiselle. Ils ont découvert une caractéristique étrange, jusque là inconnu de ces jardins, de ces gessos gris, parsemés de quelques tâches de couleur. Ils ont découvert que les objets qui composent les gessos sont disposés d’une manière particulière. Les plus petits sont les plus proches de l’endroit où se tient l’oiselle et plus on s’éloigne de l’extrémité nord de la tonnelle et plus la taille des objets augmente. Cette disposition créée une illusion d’optique qu’on appelle un effet de perspective forcée. Il y a au moins deux types de perspective forcée: l’une, qui est souvent utilisée en architecture ou dans les salles de spectacle, consiste à réduire la taille d’objets apparemment identiques, à mesure qu’ils sont plus éloignés de l’endroit où se trouve le spectateur. Cette disposition, qui accentue l’effet naturel de la perspective, donne l’illusion que l’espace est plus vaste, que l’arrière plan s’étend plus loin. L’autre type de perspective forcée que construisent les jardiniers à nuque rose, donne l’illusion inverse : elle contrecarre l’effet naturel de la perspective, donnant l’illusion que tous les objets sont de même taille et donc très proches, donnant l’illusion que la scène est plus régulière et plus petite, que l’arrière-plan est plus proche qu’il n’est. Et l’artiste qui parade sur son gesso, semble probablement plus grand et plus proche qu’il n’est réellement. Les chercheurs ont étudié l’importance que le jardinier attachait à cette perspective forcée. Ils ont remplacé les grands objets par les plus petits et les plus petits par les plus grands. Les jardiniers se mettent immédiatement au travail. En trois jours, ils ont restauré la composante de croissance régulière des objets à mesure que l’on s’éloigne de la tonnelle et en deux semaines, l’illusion d’optique originelle, la perspective forcée originelle est rétablie. Et cette étude indiquée donc que les jardiniers attachent une très grande importance à cette composante du jardin où ils vont faire leur cour. Mais qu’en est-il des dam-oiselles ? Est-ce la perfection de cette illusion d’optique qui les fait chavirer ? John Endler et Laura Kelley ont publié la réponse dans la revue Science. Ils ont découvert que plus la qualité de la perspective forcée des gessos, considérée à partir de l’endroit où se place l’oiselle, plus l’effet de la perspective forcée est grand et plus était grande la probabilité que des oiselles viennent s’unirent aux jardiniers. Nous ne savons pas ce que ressentent les damoiselles, mais ces études révèlent qu’elles sont séduites, depuis probablement des temps très lointain, par des réalisations de leurs artistes qui s’apparentent aux règles d’harmonie esthétique qui vont révolutionner la peinture et l’architecture de la renaissance italienne. Les dam-oiselles ressentent-elles une profonde émotion devant ce que nous appelons la beauté ? C’est ce que pensait Darwin.

Articles scientifiques : 

Kelley LA, Endler JA. Illusions promote mating success in great bowerbirds. Science 2012, 335:335-8.

Anderson BL. Psychology. Bird-brained illusionists. Science 2012, 335:292-3.

Bairlein F, Norris DR, Nagel R, et coll. Cross-hemisphere migration of a 25 g songbird. Biology Letters 2012 Feb 15. [Epub ahead of print]

Beason JP, Gunn C, Potter KM, et coll. The Northern Black Swift: Migration path and wintering area revealed. The Wilson Journal of Ornithology 2012, 124:1-8.

Lee JJ. The Northern Black Swift’s tropical getaway, Science Now. March 14, 2012.

Keagy J, Savard JF, Borgia G. Complex relationship between multiple measures of cognitive ability and male mating success in satin bowerbirds, Ptilonorhynchus violaceus. Animal Behaviour 2011, 81:1063-1070.

Endler JA, Endler LC, Doerr NR. Great bowerbirds create theaters with forced perspective when seen by their audience. Current Biology 2010, 20:1679-84.

Maxmen A. Bowerbirds trick mates with optical illusions. Bowers may make males look bigger than they are. nature.com, Sept 9, 2010.

Coleman SW, Patricelli GL, Borgia G. Variable female preferences drive complex male displays. Nature 2004, 428:742-5.

Ryan MJ. Animal behaviour: fickle females? Nature 2004, 428:708-9.

Autre revue : 

Le génie de la Renaissance. Les Cahiers de Science et Vie, N° 128, Avril 2012.

En ligne :  

The descent of Man and selection in relation to sex. [La Généalogie de l’homme et la sélection liée au sexe].
The expression of the emotions in man and animals. [L’expression des émotions chez l’homme et les animaux].

In : The Complete Work of Charles Darwin Online, http://darwin-online.org.uk/contents.html

Dans les contes de fées…

Dans les contes de fées le personnage du fiancé animal est un terme courant. On peut y voir le symbole de quelque chose de malveillant travesti sous les apparences de la bienveillance. Lui, ou une incarnation proche, est toujours présent lorsqu’une femme fait des déclarations naïves au sujet de quelqu’un ou quelque chose. Lorsqu’une femme tente d’éviter de reconnaître les dégâts qui ont été accomplis en elle, ses rêves nocturnes vont vraisemblablement l’avertir à grands cris et l’exhorter à s’éveiller, à chercher de l’aide, à fuir ou à lâcher les chiens.

Au fils des ans, j’ai eu le loisirs de prendre connaissance de nombreux rêves de femmes où l’on retrouvait ce fiancé animal ou cette impression que « les choses ne vont pas si bien qu’elles le semblent ».

Extrait du livre de Clarissa Pinkola Estès, Femmes qui courent avec les loups, histoires et mythes de l’archétype de la femme sauvage. p 83 édition Le Livre de Poche

Chanter

La Loba chante au-dessus des os qu’elle a rassemblés. Chanter, c’est se servir de la voix de l’âme. C’est transmettre par le souffle la vérité du pouvoir et la vérité du besoin, c’est insuffler de l’âme à ce qui souffre ou a besoin de se rétablir. Pour ce faire, il faut plonger au plus profond des émotions et de l’amour, jusqu’à être submergé par le désir d’une relation avec le Soi sauvage, puis laisser s’exprimer l’âme à partir de cet état d’esprit.

Extrait du livre de Clarissa Pinkola Estès, Femmes qui courent avec les loups, histoires et mythes de l’archétype de la femme sauvage. p 49-50 édition Le Livre de Poche