CARNAVAL TOTAAL ! Carnaval, du Sud tot Noord

Si le temps moderne, judéo-chrétien et capitaliste, est pensé comme linéaire, croissant et progressiste, les vieilles traditions européennes le conçoivent plutôt comme cyclique. La roue continue de tourner mais le renouveau a besoin d’être scandé par une fête rituelle : c’est carnaval. Les traditions sont certainement ancestrales, mais elles vivent, elles évoluent et se renouvellent sans cesse. » Le carnaval est une fête que le peuple se donne à lui-même » disait Goethe, force est de constater que carnaval ne vaut que lorsqu’il est porté par des pratiques populaires. Des pratiques culturelles, collectives, festives, qui forment des représentations de soi, de l’autre, et de la vie en société avec tout ce que ça implique de politique. Une fois masqué ou grimé, les censures tombent et c’est l’imaginaire collectif qui est à la manœuvre, pour le meilleur et pour le pire, l’outrance déborde, les valeurs s’inversent, le monde en feu est renversé. Refroidies, les cendres nous demandent ce qui a été renforcé : notre puissance collective, ou celle de l’ordre social revenu. Carnaval Totaal ! tente un tour d’horizon subjectif des pratiques carnavalesques d’aujourd’hui et d’hier. En Europe où elles sont nées, et dans les mondes colonisés qui se les sont réappropriées en les hybridant allègrement.

Une collaboration du Nova et de la Société de Carnaval Sauvage de Bruxelles

https://www.nova-cinema.org/prog/2020/176/carnaval-totaal/article/carnaval-totaal#article-22356

Quatre carnavals singuliers nous feront voyager du Sud au Nord de la France, avec un détour aux Pays-Bas, histoire de nous mettre en condition pour la veillée carnavalesque du Collectif Anonyme des Carnavals Ambulants qui suivra dans le bar du Nova.

+ L’ours ou l’homme sauvage

Jean-Dominique Lajoux, 1979, FR, 16mm, vo , 14′

Dans les Pyrénées orientales, deux créatures sauvages sèment le désordre dans le village. Ils hurlent, bousculent les braves gens et maculent de noir le visage des femmes. Métaphore du désir débridé, fécondation symbolique, le sauvage régénère la communauté avant d’être réintégré à la civilisation par les chasseurs et les barbiers.

+ Pailhasses Bielle Tradicioun

Dominique Lesourd et Bertrand Renaudineau,, 1979, FR, 16mm, vo fr , 21′

A Cournonterral, le mercredi des cendres, les Pailhasses sont les rois. Ils se vautrent dans la lie de vin et autres immondices. La bataille s’engage avec les Blancs qui finiront immanquablement souillés de la tête au pied. Personne ici ne se souciera de métaphoriser le retour à l’ordre, admettons-le, la souillure est jouissive…

+ Les 3 joyeuses

Pierre Ducrocq & Marie-André Devynck, 1993, FR, video, vo , 52′

Dunkerque, monument carnavalesque. Nous suivons différents acteurs qui font vivre le carnaval, un tambour major, les Prouts qui renouvellent le répertoire chansonnier, de simples participants… Une foule devenue corps, un ensemble de personnes qui, dans leurs pratiques, maintiennent Dunkerque à la pointe du mauvais goût. Âmes sensibles s’abstenir.

+ Carna

Adriaan Ditvoorst, 1969, NL, 35mm, vo st fr, 10′

Un film impressionniste, sensible et ironique, sur un bal du Krabbegat, le carnaval local de Bergen op Zoom dans le brabant septentrional hollandais. Une perle rare, dont le chef opérateur Jan de Bont fît carrière par la suite aux côtés de Paul Verhoeven… Projeté en format original 35mm Scope Technicolor grâce au Fonds d’Archives Podolski (www.podolski.be).

10.01 > 20:00 6€ / 4€

Collectif informel plus ou moins planqué entre Marseille, Montpellier et les Cévennes, CACA (Collectif Anonyme des Carnavals Ambulants) n’est autre qu’une bande d’ami.es cher.ères, de joyeux lurons, musiciens, artistes du spectacle vivant, passionnés de musiques traditionnelles, ancrés dans la culture occitane et dans sa langue. Les membres de CACA sont liés par l’amour de la fête ensemble, par la joie que crée le besoin de transmettre, les us autant que les coutumes, le parler, les airs et les paroles du pays. Ce qui dessine les contours du collectif et tord le cou à la tradition, la modèle de ses doigts jusqu’à ce qu’elle existe de nouveau par et à travers lui. Une quinzaine de joyeux drilles débarqueront au Nova pour une veillée de carnaval, suivie le lendemain d’un colloque carnavalesque.

+ Veillée carnavalesque

CACA en ami de la Société du Carnaval Sauvage de Bruxelles, s’en vient vers nos contrées, nous offrir une veillée carnavalesque, et nous faire languir la fin de l’hiver. Suons ! Dansons ! Buvons ! Chantons ! Il est grand temps de réviser notre répertoire. Carnaval approche, et on compte bien lui faire sa fête (dont une table d’hôte végétarienne de circonstance !).

10.01 > 22:00

Gratis

 

CARNAVAL TOTAAL ! Carnaval xperience

EXPO COLLECTIVE 09.01> 23.0209.01 > 18:00 vernissage CARNAVAL TOTAAL !

Si le temps moderne, judéo-chrétien et capitaliste, est pensé comme linéaire, croissant et progressiste, les vieilles traditions européennes le conçoivent plutôt comme cyclique. La roue continue de tourner mais le renouveau a besoin d’être scandé par une fête rituelle : c’est carnaval. Les traditions sont certainement ancestrales, mais elles vivent, elles évoluent et se renouvellent sans cesse. » Le carnaval est une fête que le peuple se donne à lui-même » disait Goethe, force est de constater que carnaval ne vaut que lorsqu’il est porté par des pratiques populaires. Des pratiques culturelles, collectives, festives, qui forment des représentations de soi, de l’autre, et de la vie en société avec tout ce que ça implique de politique. Une fois masqué ou grimé, les censures tombent et c’est l’imaginaire collectif qui est à la manœuvre, pour le meilleur et pour le pire, l’outrance déborde, les valeurs s’inversent, le monde en feu est renversé. Refroidies, les cendres nous demandent ce qui a été renforcé : notre puissance collective, ou celle de l’ordre social revenu. Carnaval Totaal ! tente un tour d’horizon subjectif des pratiques carnavalesques d’aujourd’hui et d’hier. En Europe où elles sont nées, et dans les mondes colonisés qui se les sont réappropriées en les hybridant allègrement.

Une collaboration du Nova et de la Société de Carnaval Sauvage de Bruxelles

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Compilation

Carnaval XPerience

3 documentaires expérimentaux de haute tenue, mettant en jeu des carnavals aux images fulgurantes. Une belle entrée en matière pour une programmation foisonnante, que vous n’êtes pas prêts d’oublier, du moins jusqu’au prochain Mardi Gras !

+ To Each His Own Mask

Tine Guns, 2017, BE, DCP, sans dial, st ang, 42′

Un essai expérimental d’une artiste gantoise questionnant le rapport des stratégies carnavalesques de la contestation aux rituels du carnaval, leur cycle et leur illusion de désordre. Basé sur la confrontation d’images d’archives ou actuelles disparates, « To Each His Own Mask » est construit tel un tryptique symphonique dont l’esthétisme audiovisuel extrême n’a d’égal que sa grande puissance d’évocation. Un travail artistique subjuguant où le carnaval, peu importe lequel, est interrogé dans son essence même.

+ Malanka

Paul-Louis Leger & Pascal Messaoudi, 2018, FR, DCP, vo uk st fr & ang, 14′

Dans les collines ukrainiennes de Krasnoïlsk, près de la frontière roumaine, Malanka est une fête païenne dont les ours sont les héros. Déjà fascinant par la plastique même des personnages carnavalesques en jeu, dont de flamboyants ours à tête humaine, la maîtrise formelle d’une image noir et blanc ralentie à l’extrême, dotée d’une bande son documentaire travaillée, finit par rendre magique ce rituel d’un autre âge. Splendide !

+ Nan Lakou Kanaval

Kaveh Nabatian, 2014, HT, HD, vo ht st fr, 9′

Un voyage au coeur de l’apocalyptique carnaval haïtien basé sur un texte du jeune poète Gabriel Wood Jerry, tourné en 16mm par des étudiants et leur prof du Ciné Institute à Jacmel en Haïti. Un film expérimental proprement habité par l’esprit d’un carnaval aux réminiscences vaudou, hallucinant !

09.01 > 19:00 + 12.01 > 18:00

4€ / 3€

 

Jo Béranger, Hugues Poulain & Édith Patrouilleau, 2018, FR, DCP, vo ang st fr, 92′

Quel est le lien historique entre la population afro-descendante de la Nouvelle-Orléans et les indiens d’Amérique ? Et comment sont nés les Black Indians du Mardi Gras ? Cette tradition aux racines complexes comporte quelques-unes des musiques les plus fascinantes de la ville et des costumes les plus impressionnants du carnaval. Élaborés patiemment toute l’année, les parures de perles et de plumes des quarante tribus défilent selon un rituel précis, avec une langue et des gestes codifiés depuis trois siècles. Le chef, sa reine, l’éclaireur, le porte-étendard sont des rôles enviés, dont l’importance pour la vie du quartier dépasse la période des fêtes. Métissage à la fois réel et métaphorique entre l’héritage amérindien et afro-américain, la tradition des Black Indians façonne la culture de la Nouvelle-Orléans. Elle a coloré l’histoire de la ville depuis les prémisses du jazz jusqu’à la difficile reconstruction morale de l’après-Katrina, ce dont le long métrage documentaire « Black Indians » témoigne au plus près, avec beauté, justesse et chaleur.

En présence de Hugues Poulain , co-réalisateur et chef opérateur du film, le 9 janvier à 20:30

09.01 > 20:30 + 16.01 > 22:00 + 26.01 > 19:00 + 30.01 > 20:00 + 07.02 > 20:00 + 16.02 > 21:00 + 23.02 > 21:00

6€ / 4€

 

CARNAVAL TOTAAL !

EXPO COLLECTIVE 09.01> 23.0209.01 > 18:00 vernissage CARNAVAL TOTAAL !

C’est la Crâne-Morte, puis la cohorte des masques agencée par le crew « le Mulet » qui constituent le comité d’accueil de l’espace du Nova. Dans le bar, vous trouverez quelques films et documents enthousiasmants qui vous permettront d’améliorer vos connaissances carnavalesques avant de préparer vos masques avec les meilleurs tricks DIY du Carnaval Sauvage de Bruxelles. Vous pourrez aussi fourrer les gros bidons du Promoteur Immobilier et de la Bureaucratie de vos récriminations avant qu’ils ne soient brûlés pour de vrais et définitivement au Carnaval 2020. Quoi de plus chouette que Carnaval ? Préparer Carnaval !!!

 

 

Si le temps moderne, judéo-chrétien et capitaliste, est pensé comme linéaire, croissant et progressiste, les vieilles traditions européennes le conçoivent plutôt comme cyclique. La roue continue de tourner mais le renouveau a besoin d’être scandé par une fête rituelle : c’est carnaval. Les traditions sont certainement ancestrales, mais elles vivent, elles évoluent et se renouvellent sans cesse. » Le carnaval est une fête que le peuple se donne à lui-même » disait Goethe, force est de constater que carnaval ne vaut que lorsqu’il est porté par des pratiques populaires. Des pratiques culturelles, collectives, festives, qui forment des représentations de soi, de l’autre, et de la vie en société avec tout ce que ça implique de politique. Une fois masqué ou grimé, les censures tombent et c’est l’imaginaire collectif qui est à la manœuvre, pour le meilleur et pour le pire, l’outrance déborde, les valeurs s’inversent, le monde en feu est renversé. Refroidies, les cendres nous demandent ce qui a été renforcé : notre puissance collective, ou celle de l’ordre social revenu. Carnaval Totaal ! tente un tour d’horizon subjectif des pratiques carnavalesques d’aujourd’hui et d’hier. En Europe où elles sont nées, et dans les mondes colonisés qui se les sont réappropriées en les hybridant allègrement.

Une collaboration du Nova et de la Société de Carnaval Sauvage de Bruxelles

https://www.nova-cinema.org/prog/2020/176/carnaval-totaal/article/carnaval-totaal#article-22356

 

Alost retire son carnaval du patrimoine de l’Unesco …

…“Nous ne sommes ni antisémites ni racistes”

Le bourgmestre d’Alost Christoph D’Haese (N-VA) a lui-même retiré le carnaval alostois de la liste du patrimoine immatériel de l’humanité de l’Unesco, a-t-il annoncé dimanche à TV Oost Nieuws et VTM NEWS. La ville a pris cette décision car elle s’attend au retrait de cette reconnaissance mi-décembre, à cause d’un char accusé de véhiculer des clichés antisémites. Alost ne veut plus de la “belle-mère Unesco”, ajoute son bourgmestre.

L’année dernière, un char de la compagnie Vismooil’n avait entraîné l’événement folklorique sur le chemin de la polémique. Il transportait des personnages juifs caricaturaux défendant un coffre que l’on supposait rempli d’argent. Des organisations juives avaient alors dénoncé les “conséquences désastreuses” de la diffusion de “préjugés antisémites extrêmement chargés”.

Malgré plusieurs rencontres entre les parties concernées et une visite du bourgmestre d’Alost à l’Unesco, à Paris, aucun compromis n’a cependant été trouvé. Alost est convaincu que son carnaval sera exclu de la liste du patrimoine immatériel de l’humanité mais ne veut pas être censuré, explique Christoph D’Haese. “Les habitants d’Alost ont subi des reproches grotesques”, ajoute-t-il dans un communiqué de presse. “Nous ne sommes ni antisémites ni racistes. Tous ceux qui soutiennent cela sont de mauvaise foi. Alost restera toujours la capitale de la moquerie et de la satire.”

La ville a donc décidé de retirer elle-même son carnaval de la liste de l’Unesco et l’annoncera formellement à l’organisation cette semaine.

Le char du carnaval d'Alost caricaturant des juifs orthodoxes assis sur des sacs d'or a suscité l'indignation de l'Unesco, qui a dénoncé mercredi une "représentation antisémite" et appelé les autorités belges à réagir. © Rutger Lievens
Le char du carnaval d’Alost caricaturant des juifs orthodoxes assis sur des sacs d’or a suscité l’indignation de l’Unesco, qui a dénoncé mercredi une « représentation antisémite » et appelé les autorités belges à réagir. © Rutger Lievens

 

Le carnaval d’Alost ne changera pas, promet le bourgmestre

Christoph D’Haese dénonce par ailleurs l’attitude de l’Unesco dans ce dossier et évoque une enquête “biaisée”. “Pour le grand public, nous restons une grande fête folklorique avec un caractère moqueur, anarchiste et politico-socialement satirique.”

Le carnaval d’Alost ne changera pas ses habitudes lors des prochaines éditions, annonce-t-il.

Pour l’Association juive européenne (EJA), la manifestation ne méritait clairement plus une telle reconnaissance, et elle a donc anticipé la sanction de l’Unesco. “Malgré les critiques, malgré des images manifestement antisémites, et plutôt que de reconnaître les torts, le bourgmestre s’est montré provocateur et cynique”, déplore dans un communiqué le rabbin Margolin, président de l’organisation. “Il est triste de constater que l’occasion de redonner au carnaval des valeurs universelles de savoir-vivre n’a pas été saisie.”

Le caractère antisémite de la dernière édition de l’événement ne faisait aucun doute, selon l’EJA. La manœuvre annoncée ce dimanche n’est qu’une manière pour la ville de sauver la face, estime-t-elle.

Les Baraques Polichinelles

Autour de la figure du bossu légendaire Polichinelle, Francis Debeyre, constructeur de masques et marionnettes, a réuni une centaine d’oeuvres dans l’exposition Les Baraques Polichinelles à la BANK (lieu dédié aux arts de la marionnette à Redon) du 28 octobre au 24 décembre 2017.

 

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Les Origines

D’où vient Pulcinella? Certains le rapprochent de MACCUS, personnage des comédies romaines dont on a trouvé des statuettes dans les fouilles de Pompéi¨. D’autres racontent qu’in serait inspiré d’un comique paysan du village d’Accera, proche de Naples. Rien n’est prouvé…

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Pulcinella roi de Carnaval

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Pulcinella est de tous les carnavals: c’est la figure-clef des carnavals ruraux du sud de l’Italie avec ses tarentelles et sa « chanson de Zéza », peut-être une des origines du personnage.

Jusqu’au 19ème siècle, il est roi de la fête des grands carnavals de Rome et de Venise, de Paris et de Nuremberg.

Il reste aujourd’hui encore la mascotte de nombreux carnavals d’Europe, ainsi en France à Cassel, à Bâle en suisse, ou en Belgique à Fosses-le-Ville où défilent les « Chinels ».

 

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Violence

PULCINELLA peut-être aussi violent par les coups. La bastonnade explose comme dernier argument quand la discussion tourne mal pour lui. Mais il s’enfuit vite quand l’adversaire se rebiffe car Pulcinella est un lâche.

2017-Polichinelle-expo-Redon-Bank (29)pDialogue pour marionnettes

La mort : Pulcinella, Pulcinella, où vas-tu coucher cette nuit ?

Pulcinella : Je coucherai dans mon lit !

La mort : Je viendrai te rejoindre dans ton lit … et je t’étoufferai.

Pulcinella : Alors je me coucherai sous le lit !

La mort : Je te suivrai sous le lit et je t’étoufferai.

Pulcinella: Et moi, j’attraperai le pot de chambre plein de pisse et je te le foutrai sur la gueule !!!

Le Masque de Naples

Naples au sud de l’Italie grouillante de tous les trafics fut l’une des plus grandes capitales d’Europe, juxtaposant palais, église et taudis.

Pour tous, rois, bourgeois, prêtres et surtout pour le menu peuple misérable, PULCINELLA incarne la « napolitude » avec ses qualités et ses défauts, la débrouille et la roublardise, l’arranglarsi, …

Et Naples rit d’elle-même en regardant PULCINELLA tour à tour malhonnête et misérable, amoureux et colérique, ridicule et grandiose.

2017-Polichinelle-expo-Redon-Bank (28)p

Du poulet au coq

L’apparence de Polichinelle fut d’abord, au début du 17ème siècle, celle de Pulcinella et des farceurs de foire: nez crochu et larges habits blancs. Mais son extrême vulgarité provoqua son rejet provisoire des scènes.

Vers la fin du siècle, il réapparut sous une nouvelle apparence qui ne varia guère depuis. La double bosse rendait sa silhouette immédiatement reconnaissable. Son nouvel habit était le mélange de la tenue du fou de cour et de l’uniforme du capitan de comédie: jaune, vert, rouge alternés par moitié ou par bandes.

Ce vieux coq poudré, de plus en plus chargé de dentelles, de rubans et de grelots devint alors le déguisement familier des bals, des carnavals et des opéras.

Drôle d’oiseau

Pulcino (en italien): poulet, poussin

Pulcinella (diminutif féminisé): petite poulette

Yeux fixes, nez en bec, voix caquetante, bêtise légendaire, démarche sautillante, tout, dans Pulcinella, rappelle le poulet teigneux et maigrichon des ruelles de la pauvreté.

2017-Polichinelle-expo-Redon-Bank (36)p

BOSSU

PULCINELLA est bossu. Il porte ce qu’à Naples on nomme « la double panse ». C’est aussi le signe de son origine campagnarde: Naples était entouré de marécages et certaines maladies des marais provoquent des difformités. On dit aussi que la bosse porte bonheur: à Naples, ville superstitieuse, le petit bossu avec sa corne rouge et son fer à cheval est une triple protection contre le mauvais œil. On dit « rire comme un bossu » ou « se payer une bosse de rire ». Le bossu est, dans l’art, un « monstre positif » comme les nains. A l’Age Baroque, il amuse les cours des princes. Au temps du Romantisme, il est un héros bon et malchanceux, ainsi Triboulet ou Quasimodo de Victor Hugo.

2017-Polichinelle-expo-Redon-Bank (4)pLa mauvaise réputation

Polichinelle est arrivé dans les bagages des reines et ministres italiens du 17ème siècle.

Joué dans les rues et les foires, il a alors très mauvais genre: sa brutalité et son obsénité ne sont pas du goût du public de cour.

S’attaquant à toute forme d’ordre établi, il devient pendant les périodes révolutionnaires, le porte-parole des plus enragés. Ainsi le voit-on, dans son castelet dressé près de la guillotine, commenter les exécutions de ses ricanements!

Peu à peu l’Ordre fit taire cette voix monstrueuse qui ne respectait ni Police, ni Famille, ni Maître, ni Dieu.

Mais l’image de la canaille resta longtemps dans la mémoire des caricaturistes politiques qui l’utilisait pour brocarder les « coquins et les copains » au pouvoir.

Sage comme une image

Les « images d’Épinal » ont fixé et multiplié la nouvelle allure de Polichinelle : un vieux farceur bourru couvert de dentelles.

Les planches colorées ont popularisé ses aventures et des chansons en les édulcorant pour ne pas effrayer la clientèle enfantine et la morale bourgeoise.

La fin d’une canaille

Polichinelle-la-canaille ne survécut pas au Second Empire et le petit peuple fut dépossédé de son porte-parole.

Les jardins publics étaient devenus payants. Les spectacles devaient être autorisés par la police. Bientôt le rôle de Polichinelle se réduisit à la parade d’ouverture des spectacles d’un Guignol sagement facétieux.

Le public se réduisit aux enfants sages escortés de les parents et de leurs nounous. Finie la vulgarité ! Il devint une friandise, un jouet, une image de garnement bien loin de la canaille d’antan.

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Depuis le 17ème siècle, et encore aujourd’hui, pour les fêtes, les anniversaires et les vacances à la plage, Les Doctors (ainsi se nomment eux-même les montreurs de Punch & Judy) jouent l’éternelle ballade dans leur castelet à rayures.

Petits et grands reprennent en chœur les répliques et les chansons.

That’s the way to do it!

 

God Save Mr Punch

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Mr Punch, l’assassin ricaneur, le trousseur de filles, est un héros national, une incarnation du génie britannique.

Bien sûr, ce coquin est né de Pulcinella que des bateleurs italiens avaient acclimaté aux tréteaux de Londres (son nom est l’abréviation de Punchiniello).

Mais il est aussi une incarnation d’Old Nick, le bouffon paillard et diabolique du Moyen-Age anglais.

WANTED !

La ballade de Mister Punch est l’histoire d’un serial killer, un vrai jeu de massacre. Le pantin bossu et crochu est persifleur, brutal et obsédé. Il assassine successivement son bébé, sa femme, le médecin, un crocodile, un gendrame, le bourreau, le Diable en personne. Et même la mort. Tout cela dans un grand rire grinçant et suraigu.

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Don Cristobal l’Espagnol (comme le Portugais Don Roberto) est un digne membre de la famille: ce notable avaricieux est un ivrogne violent et libidineux. Son chantre le plus célèbre fut le poète Federico Garcia Lorca dans deux pièces « Marionnettes au gourdin » (1937) et « Le petit retable de Don Cristobal » (1938).

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HANSWURT (jean Saucisse) est d’abord l’héritier de HANSNARR, Jean le fou carnavalesque de Moyen-Age allemand.

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HANSWURST a assimilé la tradition de Pulcinella et de Polichinelle au contact des bateleurs étrangers.

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Son (mauvais) caractère est dominé par l’ivrognerie et la gueulardise. Luther traitait les moine de « HANSWURST ! »

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Les aventures et les combats de HANSWURST ressemblent beaucoup à ceux de ses cousins.

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2017-Polichinelle-expo-Redon-Bank (18)p.jpgKARAGÖZ LE TURC

KARAGÖZ est le héros du théâtre d’ombres turc. Ses origines sont-elles indiennes? tziganes? égyptiennes? En tout cas, on le trouve dans tout l’ancien empire turc c’est-à-dire autour de la Méditérranée.

Homme du peuple roublard, bâfeur, paresseux, querelleur, doté d’un gros appétit sexuel, il se bat contre tous les pouvoir. Ainsi, il fut interdit en Algérie parce qu’il ridiculisait les colons français.

 

KARAGHIOSIS LE GREC

En Grès, au moment de la guerre d’indépendance, le bossu changea de nom et devint le symbole de la lutte… contre les Turcs !

Moins vulgaire que son homologue turc, fortement teinté de nationalisme, il reprend le vieux répertoire des légendes traditionnelles grecques.

 

2017-Polichinelle-expo-Redon-Bank (20)p.jpgOn raconte que le sultan Orhan faisait construire une mosquée à Bursa. Sur le chantier, le forgeron KARAGÖZ distrayait les ouvriers de leur travail par les plaisanteries. Comme le chantier n’avançaient guère, le sultan fit pendre KARAGÖZ, mais, prit de remords, il demanda à l’un de ses courtisans de la faire revivre par des contes.

On raconte aussi que KARAGÖZ, tzigane, beau parleur, rusé et menteur était le messager de l’empereur de Byzance. Hadjivat, lui, portait le courrier à La Mecque. Quand leurs chemins se croisaient, les deux compères s’arrêtaient, buvaient et se disputaient pour la plus grande joie des témoins!

VITEZ LASZLO est le héros comique des marionnettes traditionnelles hongroises depuis le 17ème siècle. Aujourd’hui, son dernier montreur, Henrik Kemeny, a plus de 80 ans. Vitez Laszlo est un bidasse naïf et grossier qui se saoule dès qu’il en a l’occasion, court les filles et se bat avec les officiers et les diables. Bref, il est de la famille ! Signe particulier : il massacre ses adversaire à coup de poêle à frire !

Images d’autres curiosités présentes dans l’exposition, photo © Laëtitia Rouxel

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Dimanche de Sidros y Comedies

Source, lien video: http://www.rtpa.es/sociedad:Domingo-de-Sidros-y-Comedies_111452438336.html

Domingo de Sidros y Comedies en el campo de la iglesia de Valdesoto (
Dimanche de Sidros y Comedies sur la place de l’église de Valdesoto (Siero), 2014 (source: http://multimedia.lne.es/fotos/espectaculos/domingo-sidros-comedies-valdesoto-15912.shtml

Des centaines de personnes se sont rendus à Valdesoto pour profiter de la tradition.
Les guerres, le manque d’accord pour choisir le président du gouvernement, les dernières nouveautés de la politique catalane et uassi pourquoi pas les nouvelles de Valdesoto, sont certains des sujets protagonistes du dimanche de Sidros y Comedies de la province de Siero, en Espagne.

Une année de plus, la pluie a fait un acte de présence, ce qui n’a pas empêché que des centaines de personnes des quatre coins des Asturies se sont rendus jusqu’à Valdesoto.

La tradition attire les gens pris à témoin de cette mascarade d’hiver qui essaie de récupérer l’esprit de l’antroxu asturien (personnage carnavalesque).

Un monde de carnavals le 18 avril à Nantes

Les 6, 9 et 12 avril 2014 aura lieu le carnaval de Nantes.

Quelques jours après cet événement festif, Bécédia, l’université populaire itinérante mise en place par Bretagne Culture Diversité, fera escale à Nantes le vendredi 18 avril prochain à la maison de quartier de l’île de Nantes de 18 h 30 à 20 h 15. Le carnaval sera à la fête pour cette nouvelle séance d’échanges et de débats.

Il existe une multiplicité de carnavals en France et dans le monde, aux couleurs et aux formes variables d’un défilé à un autre. Mais qui sont ceux qui font le carnaval ? Quels sont les enjeux liés à la transmission des savoir-faire carnavaliers ? Commet assurer l’avenir de ces pratiques festives, véritable élément de notre patrimoine culturel immatériel ?

Autant de questions auxquelles tenteront de répondre nos intervenants :

Nathalie Gauthard : ethnoscénologue, maître de conférences à Nice et présidente de la Société française d’ethnoscénologie, elle s’intéresse aux questions d’esthétique, aux processus identitaires et culturels contemporains et à la transmission des savoir-faire à partir de l’étude des carnavals du Brésil et de la France en passant par la Guyane. Elle interviendra sur le carnaval et les processus de transmission.

Ouvrage : Fêtes, mascarades et carnavals. Circulations, transformations et contemporanéité, Éditions L’Entretemps, à paraître en 2014.

– Blodwenn Mauffret : docteure en études théâtrales, elle a travaillé sur le carnaval de Cayenne et nous présentera les différentes formes de carnavals, ce qu’on y célèbre.

– Daniel Dupouet : carnavalier depuis plus de 50 ans, il est passé maître dans l’art de la fabrication des grosses têtes du Carnaval. Il reviendra sur son parcours de carnavalier, nous présentera son savoir-faire, et s’interrogera sur la transmission de ce dernier.

– Carole Tymen : nous présentera les Gras de Douarnenez et reviendra sur son expérience de carnavalière douarneniste, ainsi que sur les enjeux de la pérennité de ce carnaval.

Cource: http://bcdiv.org/becedia-un-monde-de-carnavals-le-18-avril-a-nantes/

Succès pour le carnaval de Toulouse 2014

Entre 80 000 et 100 000 mille personnes sont venues hier soir se fondre dans le carnaval à Toulouse. Une foule souvent déguisée et grimée a accompagné «Monsieur Carnaval» depuis le Pont-Neuf jusqu’au bûcher des allées Jean Jaurès. Un défilé de chars tous plus fous et créatifs les uns que les autres, a formé ce cortège coloré qui a emprunté les grandes artères de la ville. De l’avis de tous, cette nouvelle édition, résolument très populaire, semble d’une année à l’autre monter en puissance avec toujours plus ferveur : «Chaque année je viens en famille suivre cette fête qui rassemble tout le monde», avoue Marie tandis que Monsieur Carnaval salue son public et la foule assise sur les trottoirs, grisée de musique. Comme Michèle là «heureuse de voir cette manifestation apolitique qui respecte chacun». Dans la fête, on retrouve des têtes connues comme François Briançon, ancien élu qui durant des années a porté le dossier : «On a redonné vie à cet événement. J’espère qu’il se poursuivra dans le temps». Près de lui, Frédéric Brasilès, nouvel élu en charge des événements, avance : «Je ne pensais pas voir un tel bonheur des Toulousains. Le carnaval est une fête populaire qui fait du bien». De tous, l’organisation a été saluée pour son efficacité, grâce à une équipe de bénévoles dont Raymond, ancien des rotatives de la Dépêche. Amusant le petit couac lorsque le défilé des participants au centenaire de la Bataille de Toulouse s’est retrouvé au milieu de carnaval rue de Metz. Ou le camion des éboueurs qui avait fait fausse route… ces anecdotes n’ont pas stoppé la bonne humeur des participants ni l’arrogance de Monsieur Carnaval. Ce dernier, stoïquement, est parti en fumée sur les allées dans un grand éclat de joie d’un public chaviré de bonheur. Cette édition très réussie a été portée à la fois par une météo clémente et un grand besoin des Toulousains de souffler et de s’amuser.

Le Roi Carnaval, en tête de cortège à Toulouse © Laurence Boffet / France 3 Midi-Pyrénées
© Laurence Boffet / France 3 Midi-Pyrénées Le Roi Carnaval, en tête de cortège à Toulouse

Le chiffre : 80 000

participants > Dans le cortège. Selon les organisateurs plus de 80 000 personnes ont participé hier soir à cette troisième édition du Carnaval de Toulouse, organisée par le COCU (Comité d’organisation du carnaval unifié) et partenaires. Cette manifestation avait attiré lors des deux précédentes éditions un peu plus de 40 000 personnes. Soit une belle montée en puissance….


Repères

Coût. Le carnaval 2014 revient à 100 000 €. Une somme allouée à l’association le Cocu par la ville, votée au conseil municipal qui comprend entre autres : le matériel, les salaires des employés, la sécurité, la location de camions, le matériel pédagogique (ateliers seniors-enfants), la restauration des bénévoles et l’animation «Si on déguisait la ville».

Partenaires. Une manifestation rendue impossible sans le soutien des partenaires notamment institutionnels : Office de tourisme, la ville de Toulouse, la Région, Tisséo, la Dépêche du Midi, France Bleue et France 3 Midi-Pyrénées. Mais aussi : la Canaille (vidéos), Isaw, Resod Production, lycée des Arènes, école Axe Sud, IUT Info. Com, les jeunes Victor, Youna et Arthur, Poussière d’ange, Mage Productions et aussi SMTC (camions), Sergent Papers, le collectif culture Bar-Bars, Tout pour la Fête.

Animation : Trois tonnes de confettis prévues pour inonder la ville.

Nettoyage : les grands moyens avec cinq balayeuses et deux laveuses pour laisser place nette en fin de cortège.

Texte: Silvana Grasso

Sources: http://midi-pyrenees.france3.fr/2014/04/06/succes-pour-le-carnaval-de-toulouse-2014-453899.html, http://www.ladepeche.fr/article/2014/04/06/1857380-monsieur-carnaval-emporte-par-la-foule.html