Masques traditionnels du monde entier

Collection Jean-Pierre Dallemand – Jacqueline Manceau. Masques traditionnels du monde entier… pour un usage théâtral !

L’exposition présentée est une collection d’objets authentiques patiemment assemblée par les comédiens de l’Atelier 44, compagnie théâtrale, au cours de leurs voyages ou déplacements. 
Une façon de partir à la découverte et à la rencontre d’autres cultures! Se questionner sur la tradition théâtrale dans le monde ne répond pas à une vocation sur un patrimoine en danger ou une richesse à sauvegarder. C’est au contraire s’intéresser à l’art vivant, au travers de ses principes fondateurs car tous ces objets supposent le mouvement et incarnent des personnages. Ils ont traversé le temps, les continents ce qui fait que chaque pièce est porteuse de mémoire, de témoignages, d’aventures et de sentiments !

Cette invitation au voyage – par les formes et les couleurs – au travers à la fois de l’histoire et de la localisation géographique, est représentative de ce qui existe encore aujourd’hui, pour peu qu’on décide de voyager « autrement » et tant pis si l’ensemble de ces formes relève plus de l’artisanat que d’une moderne industrie : c’est sans doute ce qui rend cette présentation encore plus intéressante pour le domaine de la fabrication (sculpture et arts plastiques) et pour celui de l’animation (utilisation théâtrale des différents objets-masques).

Au-delà des repères anecdotiques propres à chaque pièce, il y a donc toujours une part d’histoire qui nous renvoie à un regard ou à une promesse de dépassement ! Le masque si souvent malmené, marginalisé, abandonné est pourtant toujours en vigueur pour des usages domestiques ou festifs partout dans le monde.

On peut donc encore l’approcher selon plusieurs angles : celui du matériau, celui de la fonction, celui de l’utilisation etc. et toujours il nous renvoie à nous-même, car plus qu’il ne cache, il révèle !
Puisse cette diversité issue du monde, nous questionner suffisamment pour mieux le comprendre !

Les Baraques Polichinelles

Autour de la figure du bossu légendaire Polichinelle, Francis Debeyre, constructeur de masques et marionnettes, a réuni une centaine d’oeuvres dans l’exposition Les Baraques Polichinelles à la BANK (lieu dédié aux arts de la marionnette à Redon) du 28 octobre au 24 décembre 2017.

 

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Les Origines

D’où vient Pulcinella? Certains le rapprochent de MACCUS, personnage des comédies romaines dont on a trouvé des statuettes dans les fouilles de Pompéi¨. D’autres racontent qu’in serait inspiré d’un comique paysan du village d’Accera, proche de Naples. Rien n’est prouvé…

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Pulcinella roi de Carnaval

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Pulcinella est de tous les carnavals: c’est la figure-clef des carnavals ruraux du sud de l’Italie avec ses tarentelles et sa « chanson de Zéza », peut-être une des origines du personnage.

Jusqu’au 19ème siècle, il est roi de la fête des grands carnavals de Rome et de Venise, de Paris et de Nuremberg.

Il reste aujourd’hui encore la mascotte de nombreux carnavals d’Europe, ainsi en France à Cassel, à Bâle en suisse, ou en Belgique à Fosses-le-Ville où défilent les « Chinels ».

 

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Violence

PULCINELLA peut-être aussi violent par les coups. La bastonnade explose comme dernier argument quand la discussion tourne mal pour lui. Mais il s’enfuit vite quand l’adversaire se rebiffe car Pulcinella est un lâche.

2017-Polichinelle-expo-Redon-Bank (29)pDialogue pour marionnettes

La mort : Pulcinella, Pulcinella, où vas-tu coucher cette nuit ?

Pulcinella : Je coucherai dans mon lit !

La mort : Je viendrai te rejoindre dans ton lit … et je t’étoufferai.

Pulcinella : Alors je me coucherai sous le lit !

La mort : Je te suivrai sous le lit et je t’étoufferai.

Pulcinella: Et moi, j’attraperai le pot de chambre plein de pisse et je te le foutrai sur la gueule !!!

Le Masque de Naples

Naples au sud de l’Italie grouillante de tous les trafics fut l’une des plus grandes capitales d’Europe, juxtaposant palais, église et taudis.

Pour tous, rois, bourgeois, prêtres et surtout pour le menu peuple misérable, PULCINELLA incarne la « napolitude » avec ses qualités et ses défauts, la débrouille et la roublardise, l’arranglarsi, …

Et Naples rit d’elle-même en regardant PULCINELLA tour à tour malhonnête et misérable, amoureux et colérique, ridicule et grandiose.

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Du poulet au coq

L’apparence de Polichinelle fut d’abord, au début du 17ème siècle, celle de Pulcinella et des farceurs de foire: nez crochu et larges habits blancs. Mais son extrême vulgarité provoqua son rejet provisoire des scènes.

Vers la fin du siècle, il réapparut sous une nouvelle apparence qui ne varia guère depuis. La double bosse rendait sa silhouette immédiatement reconnaissable. Son nouvel habit était le mélange de la tenue du fou de cour et de l’uniforme du capitan de comédie: jaune, vert, rouge alternés par moitié ou par bandes.

Ce vieux coq poudré, de plus en plus chargé de dentelles, de rubans et de grelots devint alors le déguisement familier des bals, des carnavals et des opéras.

Drôle d’oiseau

Pulcino (en italien): poulet, poussin

Pulcinella (diminutif féminisé): petite poulette

Yeux fixes, nez en bec, voix caquetante, bêtise légendaire, démarche sautillante, tout, dans Pulcinella, rappelle le poulet teigneux et maigrichon des ruelles de la pauvreté.

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BOSSU

PULCINELLA est bossu. Il porte ce qu’à Naples on nomme « la double panse ». C’est aussi le signe de son origine campagnarde: Naples était entouré de marécages et certaines maladies des marais provoquent des difformités. On dit aussi que la bosse porte bonheur: à Naples, ville superstitieuse, le petit bossu avec sa corne rouge et son fer à cheval est une triple protection contre le mauvais œil. On dit « rire comme un bossu » ou « se payer une bosse de rire ». Le bossu est, dans l’art, un « monstre positif » comme les nains. A l’Age Baroque, il amuse les cours des princes. Au temps du Romantisme, il est un héros bon et malchanceux, ainsi Triboulet ou Quasimodo de Victor Hugo.

2017-Polichinelle-expo-Redon-Bank (4)pLa mauvaise réputation

Polichinelle est arrivé dans les bagages des reines et ministres italiens du 17ème siècle.

Joué dans les rues et les foires, il a alors très mauvais genre: sa brutalité et son obsénité ne sont pas du goût du public de cour.

S’attaquant à toute forme d’ordre établi, il devient pendant les périodes révolutionnaires, le porte-parole des plus enragés. Ainsi le voit-on, dans son castelet dressé près de la guillotine, commenter les exécutions de ses ricanements!

Peu à peu l’Ordre fit taire cette voix monstrueuse qui ne respectait ni Police, ni Famille, ni Maître, ni Dieu.

Mais l’image de la canaille resta longtemps dans la mémoire des caricaturistes politiques qui l’utilisait pour brocarder les « coquins et les copains » au pouvoir.

Sage comme une image

Les « images d’Épinal » ont fixé et multiplié la nouvelle allure de Polichinelle : un vieux farceur bourru couvert de dentelles.

Les planches colorées ont popularisé ses aventures et des chansons en les édulcorant pour ne pas effrayer la clientèle enfantine et la morale bourgeoise.

La fin d’une canaille

Polichinelle-la-canaille ne survécut pas au Second Empire et le petit peuple fut dépossédé de son porte-parole.

Les jardins publics étaient devenus payants. Les spectacles devaient être autorisés par la police. Bientôt le rôle de Polichinelle se réduisit à la parade d’ouverture des spectacles d’un Guignol sagement facétieux.

Le public se réduisit aux enfants sages escortés de les parents et de leurs nounous. Finie la vulgarité ! Il devint une friandise, un jouet, une image de garnement bien loin de la canaille d’antan.

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Depuis le 17ème siècle, et encore aujourd’hui, pour les fêtes, les anniversaires et les vacances à la plage, Les Doctors (ainsi se nomment eux-même les montreurs de Punch & Judy) jouent l’éternelle ballade dans leur castelet à rayures.

Petits et grands reprennent en chœur les répliques et les chansons.

That’s the way to do it!

 

God Save Mr Punch

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Mr Punch, l’assassin ricaneur, le trousseur de filles, est un héros national, une incarnation du génie britannique.

Bien sûr, ce coquin est né de Pulcinella que des bateleurs italiens avaient acclimaté aux tréteaux de Londres (son nom est l’abréviation de Punchiniello).

Mais il est aussi une incarnation d’Old Nick, le bouffon paillard et diabolique du Moyen-Age anglais.

WANTED !

La ballade de Mister Punch est l’histoire d’un serial killer, un vrai jeu de massacre. Le pantin bossu et crochu est persifleur, brutal et obsédé. Il assassine successivement son bébé, sa femme, le médecin, un crocodile, un gendrame, le bourreau, le Diable en personne. Et même la mort. Tout cela dans un grand rire grinçant et suraigu.

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Don Cristobal l’Espagnol (comme le Portugais Don Roberto) est un digne membre de la famille: ce notable avaricieux est un ivrogne violent et libidineux. Son chantre le plus célèbre fut le poète Federico Garcia Lorca dans deux pièces « Marionnettes au gourdin » (1937) et « Le petit retable de Don Cristobal » (1938).

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HANSWURT (jean Saucisse) est d’abord l’héritier de HANSNARR, Jean le fou carnavalesque de Moyen-Age allemand.

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HANSWURST a assimilé la tradition de Pulcinella et de Polichinelle au contact des bateleurs étrangers.

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Son (mauvais) caractère est dominé par l’ivrognerie et la gueulardise. Luther traitait les moine de « HANSWURST ! »

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Les aventures et les combats de HANSWURST ressemblent beaucoup à ceux de ses cousins.

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2017-Polichinelle-expo-Redon-Bank (18)p.jpgKARAGÖZ LE TURC

KARAGÖZ est le héros du théâtre d’ombres turc. Ses origines sont-elles indiennes? tziganes? égyptiennes? En tout cas, on le trouve dans tout l’ancien empire turc c’est-à-dire autour de la Méditérranée.

Homme du peuple roublard, bâfeur, paresseux, querelleur, doté d’un gros appétit sexuel, il se bat contre tous les pouvoir. Ainsi, il fut interdit en Algérie parce qu’il ridiculisait les colons français.

 

KARAGHIOSIS LE GREC

En Grès, au moment de la guerre d’indépendance, le bossu changea de nom et devint le symbole de la lutte… contre les Turcs !

Moins vulgaire que son homologue turc, fortement teinté de nationalisme, il reprend le vieux répertoire des légendes traditionnelles grecques.

 

2017-Polichinelle-expo-Redon-Bank (20)p.jpgOn raconte que le sultan Orhan faisait construire une mosquée à Bursa. Sur le chantier, le forgeron KARAGÖZ distrayait les ouvriers de leur travail par les plaisanteries. Comme le chantier n’avançaient guère, le sultan fit pendre KARAGÖZ, mais, prit de remords, il demanda à l’un de ses courtisans de la faire revivre par des contes.

On raconte aussi que KARAGÖZ, tzigane, beau parleur, rusé et menteur était le messager de l’empereur de Byzance. Hadjivat, lui, portait le courrier à La Mecque. Quand leurs chemins se croisaient, les deux compères s’arrêtaient, buvaient et se disputaient pour la plus grande joie des témoins!

VITEZ LASZLO est le héros comique des marionnettes traditionnelles hongroises depuis le 17ème siècle. Aujourd’hui, son dernier montreur, Henrik Kemeny, a plus de 80 ans. Vitez Laszlo est un bidasse naïf et grossier qui se saoule dès qu’il en a l’occasion, court les filles et se bat avec les officiers et les diables. Bref, il est de la famille ! Signe particulier : il massacre ses adversaire à coup de poêle à frire !

Images d’autres curiosités présentes dans l’exposition, photo © Laëtitia Rouxel

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Pourquoi un animal?

Pourquoi un animal? Un animal, surtout un chat, je parle du chat, c’est une vérité, une liberté. Bien sûr en partie socialisée parce que ce sont des animaux domestiques. Mais en même temps sans aucune des exigences et des masques que l’homme revêt, en société par nécessité. Donc un animal non dressé, un peu domestique c’est vrai, mais qui comme pour un chat reste au fond une liberté, c’est la vie dans son authenticité. C’est un peu comme une plante si vous voulez. Quand on met une plante en pot c’est aussi la vie. Je crois que c’est un peu pour ça qu’on voit aujourd’hui les gens dans nos sociétés avoir de plus en plus d’animaux et de plus en plus de plantes. La vie vraie des gens et leurs visages vrais deviennent si rare, se masquent si souvent qu’on a envie de pouvoir avoir un animal.

Max Gallo entendu dans l’émission radio Sur les Docks: A plumes et à poils, un documentaire de Vinciane Moeschler

http://www.franceculture.fr/emissions/sur-les-docks/plumes-et-poils

Phyllis Galembo

Photographe, professeur à l’Université de New York et collectionneuse de costumes d’Halloween, Phyllis Galembo explore depuis trois décennies les tréfonds de l’Afrique de l’Ouest et des Caraïbes pour en capturer les rituels religieux et la culture locale. Autant d’occasions de mettre en scène un imaginaire hybride, quelque part à la croisée des chemins entre la fiction, la mode vestimentaire et l’anthropologie.

Phyllis Galembo, Two in Fancy Dress with Pointed Hats, Tumus Masquerade Group, Winneba, Ghana, 2009

Phyllis Galembo, Masquerade groups, Ghana, 2009-2010

–> http://galembo.com/

Interview:

Mascarade, une décennie à représenter les rituels qui font partie de religions aux racines africaines et qui sont tous connectés.

Phyllis, d’où vous vient cette fascination pour ces religions qu’on appelle « syncrétiques »?
Dans le passé j’ai beaucoup travaillé sur des religions traditionnelles au Nigeria,à Haïti et au Brésil. Les connexions sont devenues claires pour moi et m’ont permis de voir vers où je voulais aller travailler ensuite. Je suis retournée au Nigeria et après y avoir photographié des prêtres et des prêtresses, je me suis concentrée sur des danseurs de mascarade au Bénin, le vaudou et le carnaval de Jacmel à Haïti et beaucoup d’autres endroits colorés et dynamiques.

Donc est-ce que les photographies sont purement esthétiques ?
Je me concentre vraiment sur le côté artistique et esthétique d’abord, mais je suis aussi très intéressé par l’histoire derrière les costumes colorés. La Couleur est une grande partie du costume et le rituel. Les éléments comme la couleur, la lumière et l’arrière-plan renforcent la photo et le récit.

Est-ce que ces éléments sont toujours présents ou y a-t-il aussi un certain niveau de mise en scène ou d’organisation et dans quelle mesure ?
C’est seulement mis en scène une fois que j’obtiens la permission de la personne de poser. J’ai mon studio portable, qui permet d’apporter aux couleurs beaucoup de lumière. J’utilise seulement mon matériel pour des raisons techniques, ce n’est pas mis en scène : je situe la scène et c’est tout.

Et après cela ?
Je les photographie juste où je les trouve. La plupart du temps ils sont en dehors des rituels, mais parfois je les attrape dans le feu de l’action. Dans ce cas vous obtenez les arrière-plans les plus exceptionnels. c’est difficile parce que souvent ces cérémonies sont tout à fait privées.

Est-ce que c’est un projet continu ou y-a-t-il d’autres projets à venir ?
Ceux-ci sont tous les petits projets dans un grand projet où ils peuvent être autonome, mais je n’en suis pas encore là. Les rituels changent toujours. J’ai photographié dans un village pendant plus de dix ans et il y a toujours quelque chose de différent.

Il est assez étonnant de voir ce qui arrive sur la durée. Ça reflète un peu la politique dans une certaine période aussi. En plus, j’ai traversé d’autres endroits intéressants, comme le Burkina Faso et le Congo, mais j’essaye de me concentrer pour terminer maintenant. Vous ne savez jamais quelle sera la prochaine obsession.

 

Sources: http://www.gupmagazine.com/articles/an-interview-with-phyllis-galembo

En psychologie archétypale…

En psychologie archétypale, le vêtement peut personnifier la présence extérieure. La persona est un masque que la personne présente au monde. Il cache beaucoup de choses. Avec des rembourrages et des déguisements psychiques adéquats, les hommes comme les femmes peuvent présenter une persona quasi parfaite, une façade quasi parfaite.

Lorsque la clef qui pleure des larmes de sang – la question – tache notre persona, nous ne pouvons cacher plus longtemps nos peines. Nous pouvons dire ce que nous voulons, présenter une façade des plus souriantes, une fois que nous avons reçu le choc de la découverte de la chambre du crime, nous ne pouvons prétendre plus longtemps qu’elle n’existe pas. Et de voir la vérité nous fait perdre encore des flots d’énergie. Cela fait mal. Il s’agit d’une artère sectionnée. Nous devons immédiatement remédier à cet état épouvantable.

Extrait du livre de Clarissa Pinkola Estès, Femmes qui courent avec les loups, histoires et mythes de l’archétype de la femme sauvage. p 86 édition Le Livre de Poche