Des masques pour réparer le monde

Source: carte blanche de Clémence Mathieu, directrice du Musée du Carnaval et du Masque, dans le MAD du journal Le Soir du 22 avril


des masques pour réparer le monde

Dans le contexte actuel, plus que jamais, le masque est au centre de toutes les attentions et de tous les discours. Ce masque qui est censé nous protéger, nous préserver du meurtrier Covid-19. Ce masque qui nous transforme, malgré lui, qui change notre respiration et notre voix, au même titre que n’importe quel autre masque. Ce masque qui, finalement, fait écho à d’autres masques protecteurs utilisés dans des contextes plus traditionnels, qu’ils soient profanes (masques destinés à protéger le visage au sens strict tels que les masques d’escrime, les masques de soudure, les masques à gaz, les masques chirurgicaux), théâtraux ou rituels (incluant entre autres les rites de fertilité, de fécondité, d’initiation, de funérailles, de guérison, de divination et les cérémonies en l’honneur des ancêtres).

Le masque transforme, quitte à faire peur. Les personnes âgées isolées dans la chambre de leur maison de retraite ou les personnes hospitalisées n’ont aujourd’hui plus à faire qu’aux visages déshumanisés par les masques FFP2.

Le masque, qui prend ses racines aux sources de l’humanité, et qui est généralement accompagné d’un costume, est un objet ambigu car il questionne notre identité en créant un jeu de dissimulation et de révélation. Sous le couvert du masque, on peut se sentir affranchi de son apparence et laisser éclater son individualité ou, au contraire, jouer un rôle qui est tout à fait différent de sa propre personnalité.

Le médecin de la peste

Le pouvoir de protection ou de guérison du masque contre les maladies est un thème récurrent et universel. En ce qui concerne l’usage profane du masque comme protection contre la dissémination d’une maladie, l’un des plus connus est certainement le masque du médecin de la peste, conçu par un médecin français du XVIIe siècle, Charles de Lorme, qui l’imagina dans le but de se protéger des risques de contagion lors des épidémies, notamment de peste, fréquentes à l’époque. Le masque était rempli d’herbes médicinales aux pouvoirs pharmacologiques afin de se protéger du souffle des patients contaminés, agissant à la manière d’un filtre.

La protection ou la guérison d’un individu peut également se faire par l’intermédiaire d’un rituel de guérison ou d’exorcisme. Ces rituels occupent une place majeure dans l’usage du masque à travers le monde. Lorsqu’il recourt au médecin ou au guérisseur, le malade se soumet au pouvoir de ce dernier, qui nomme l’objet de son mal et le lui enlève. On remarque un pouvoir objectif en lien avec la médecine quand la guérison se fait avec des médicaments et un pouvoir subjectif en rapport avec le rituel sacré quand, par l’intermédiaire du masque, il y a implication d’un esprit ou intervention d’une force surnaturelle destinée à exorciser la souffrance.

L’ancienneté des rituels de guérison et leur persistance dans le monde actuel prouvent le lien fort de l’homme au sacré. L’un de ces rituels peut encore se voir aujourd’hui en Chine du Sud-Est, dans la province de Jiangxi. Il s’agit du rituel d’exorcisme Nuo, qui remonte probablement à l’Antiquité et consiste en une série de danses masquées dirigées par un prêtre bouddhiste ou taoïste. Il sert à éloigner les démons, les maladies, les malheurs et demander aux divinités leur protection.

Le masque est duel : il constitue tant un puissant marqueur de notre identité, qu’un lien entre nos cultures. Il tisse un fil avec l’inconscient collectif qui façonne notre humanité et continue de la marquer aujourd’hui à travers l’épidémie qui fait rage. Et à ce titre, il continue d’agir, à la fois comme élément étrange, qui transforme, qui effraie, mais aussi comme élément protecteur, réparateur. Le masque est depuis tout temps, et d’autant plus dans le contexte actuel, porteur de nos espoirs et de nos prières de guérison.

CARNAVAL TOTAAL ! Carnaval, du Sud tot Noord

Si le temps moderne, judéo-chrétien et capitaliste, est pensé comme linéaire, croissant et progressiste, les vieilles traditions européennes le conçoivent plutôt comme cyclique. La roue continue de tourner mais le renouveau a besoin d’être scandé par une fête rituelle : c’est carnaval. Les traditions sont certainement ancestrales, mais elles vivent, elles évoluent et se renouvellent sans cesse. » Le carnaval est une fête que le peuple se donne à lui-même » disait Goethe, force est de constater que carnaval ne vaut que lorsqu’il est porté par des pratiques populaires. Des pratiques culturelles, collectives, festives, qui forment des représentations de soi, de l’autre, et de la vie en société avec tout ce que ça implique de politique. Une fois masqué ou grimé, les censures tombent et c’est l’imaginaire collectif qui est à la manœuvre, pour le meilleur et pour le pire, l’outrance déborde, les valeurs s’inversent, le monde en feu est renversé. Refroidies, les cendres nous demandent ce qui a été renforcé : notre puissance collective, ou celle de l’ordre social revenu. Carnaval Totaal ! tente un tour d’horizon subjectif des pratiques carnavalesques d’aujourd’hui et d’hier. En Europe où elles sont nées, et dans les mondes colonisés qui se les sont réappropriées en les hybridant allègrement.

Une collaboration du Nova et de la Société de Carnaval Sauvage de Bruxelles

https://www.nova-cinema.org/prog/2020/176/carnaval-totaal/article/carnaval-totaal#article-22356

Quatre carnavals singuliers nous feront voyager du Sud au Nord de la France, avec un détour aux Pays-Bas, histoire de nous mettre en condition pour la veillée carnavalesque du Collectif Anonyme des Carnavals Ambulants qui suivra dans le bar du Nova.

+ L’ours ou l’homme sauvage

Jean-Dominique Lajoux, 1979, FR, 16mm, vo , 14′

Dans les Pyrénées orientales, deux créatures sauvages sèment le désordre dans le village. Ils hurlent, bousculent les braves gens et maculent de noir le visage des femmes. Métaphore du désir débridé, fécondation symbolique, le sauvage régénère la communauté avant d’être réintégré à la civilisation par les chasseurs et les barbiers.

+ Pailhasses Bielle Tradicioun

Dominique Lesourd et Bertrand Renaudineau,, 1979, FR, 16mm, vo fr , 21′

A Cournonterral, le mercredi des cendres, les Pailhasses sont les rois. Ils se vautrent dans la lie de vin et autres immondices. La bataille s’engage avec les Blancs qui finiront immanquablement souillés de la tête au pied. Personne ici ne se souciera de métaphoriser le retour à l’ordre, admettons-le, la souillure est jouissive…

+ Les 3 joyeuses

Pierre Ducrocq & Marie-André Devynck, 1993, FR, video, vo , 52′

Dunkerque, monument carnavalesque. Nous suivons différents acteurs qui font vivre le carnaval, un tambour major, les Prouts qui renouvellent le répertoire chansonnier, de simples participants… Une foule devenue corps, un ensemble de personnes qui, dans leurs pratiques, maintiennent Dunkerque à la pointe du mauvais goût. Âmes sensibles s’abstenir.

+ Carna

Adriaan Ditvoorst, 1969, NL, 35mm, vo st fr, 10′

Un film impressionniste, sensible et ironique, sur un bal du Krabbegat, le carnaval local de Bergen op Zoom dans le brabant septentrional hollandais. Une perle rare, dont le chef opérateur Jan de Bont fît carrière par la suite aux côtés de Paul Verhoeven… Projeté en format original 35mm Scope Technicolor grâce au Fonds d’Archives Podolski (www.podolski.be).

10.01 > 20:00 6€ / 4€

Collectif informel plus ou moins planqué entre Marseille, Montpellier et les Cévennes, CACA (Collectif Anonyme des Carnavals Ambulants) n’est autre qu’une bande d’ami.es cher.ères, de joyeux lurons, musiciens, artistes du spectacle vivant, passionnés de musiques traditionnelles, ancrés dans la culture occitane et dans sa langue. Les membres de CACA sont liés par l’amour de la fête ensemble, par la joie que crée le besoin de transmettre, les us autant que les coutumes, le parler, les airs et les paroles du pays. Ce qui dessine les contours du collectif et tord le cou à la tradition, la modèle de ses doigts jusqu’à ce qu’elle existe de nouveau par et à travers lui. Une quinzaine de joyeux drilles débarqueront au Nova pour une veillée de carnaval, suivie le lendemain d’un colloque carnavalesque.

+ Veillée carnavalesque

CACA en ami de la Société du Carnaval Sauvage de Bruxelles, s’en vient vers nos contrées, nous offrir une veillée carnavalesque, et nous faire languir la fin de l’hiver. Suons ! Dansons ! Buvons ! Chantons ! Il est grand temps de réviser notre répertoire. Carnaval approche, et on compte bien lui faire sa fête (dont une table d’hôte végétarienne de circonstance !).

10.01 > 22:00

Gratis

 

CARNAVAL TOTAAL ! Carnaval xperience

EXPO COLLECTIVE 09.01> 23.0209.01 > 18:00 vernissage CARNAVAL TOTAAL !

Si le temps moderne, judéo-chrétien et capitaliste, est pensé comme linéaire, croissant et progressiste, les vieilles traditions européennes le conçoivent plutôt comme cyclique. La roue continue de tourner mais le renouveau a besoin d’être scandé par une fête rituelle : c’est carnaval. Les traditions sont certainement ancestrales, mais elles vivent, elles évoluent et se renouvellent sans cesse. » Le carnaval est une fête que le peuple se donne à lui-même » disait Goethe, force est de constater que carnaval ne vaut que lorsqu’il est porté par des pratiques populaires. Des pratiques culturelles, collectives, festives, qui forment des représentations de soi, de l’autre, et de la vie en société avec tout ce que ça implique de politique. Une fois masqué ou grimé, les censures tombent et c’est l’imaginaire collectif qui est à la manœuvre, pour le meilleur et pour le pire, l’outrance déborde, les valeurs s’inversent, le monde en feu est renversé. Refroidies, les cendres nous demandent ce qui a été renforcé : notre puissance collective, ou celle de l’ordre social revenu. Carnaval Totaal ! tente un tour d’horizon subjectif des pratiques carnavalesques d’aujourd’hui et d’hier. En Europe où elles sont nées, et dans les mondes colonisés qui se les sont réappropriées en les hybridant allègrement.

Une collaboration du Nova et de la Société de Carnaval Sauvage de Bruxelles

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Compilation

Carnaval XPerience

3 documentaires expérimentaux de haute tenue, mettant en jeu des carnavals aux images fulgurantes. Une belle entrée en matière pour une programmation foisonnante, que vous n’êtes pas prêts d’oublier, du moins jusqu’au prochain Mardi Gras !

+ To Each His Own Mask

Tine Guns, 2017, BE, DCP, sans dial, st ang, 42′

Un essai expérimental d’une artiste gantoise questionnant le rapport des stratégies carnavalesques de la contestation aux rituels du carnaval, leur cycle et leur illusion de désordre. Basé sur la confrontation d’images d’archives ou actuelles disparates, « To Each His Own Mask » est construit tel un tryptique symphonique dont l’esthétisme audiovisuel extrême n’a d’égal que sa grande puissance d’évocation. Un travail artistique subjuguant où le carnaval, peu importe lequel, est interrogé dans son essence même.

+ Malanka

Paul-Louis Leger & Pascal Messaoudi, 2018, FR, DCP, vo uk st fr & ang, 14′

Dans les collines ukrainiennes de Krasnoïlsk, près de la frontière roumaine, Malanka est une fête païenne dont les ours sont les héros. Déjà fascinant par la plastique même des personnages carnavalesques en jeu, dont de flamboyants ours à tête humaine, la maîtrise formelle d’une image noir et blanc ralentie à l’extrême, dotée d’une bande son documentaire travaillée, finit par rendre magique ce rituel d’un autre âge. Splendide !

+ Nan Lakou Kanaval

Kaveh Nabatian, 2014, HT, HD, vo ht st fr, 9′

Un voyage au coeur de l’apocalyptique carnaval haïtien basé sur un texte du jeune poète Gabriel Wood Jerry, tourné en 16mm par des étudiants et leur prof du Ciné Institute à Jacmel en Haïti. Un film expérimental proprement habité par l’esprit d’un carnaval aux réminiscences vaudou, hallucinant !

09.01 > 19:00 + 12.01 > 18:00

4€ / 3€

 

Jo Béranger, Hugues Poulain & Édith Patrouilleau, 2018, FR, DCP, vo ang st fr, 92′

Quel est le lien historique entre la population afro-descendante de la Nouvelle-Orléans et les indiens d’Amérique ? Et comment sont nés les Black Indians du Mardi Gras ? Cette tradition aux racines complexes comporte quelques-unes des musiques les plus fascinantes de la ville et des costumes les plus impressionnants du carnaval. Élaborés patiemment toute l’année, les parures de perles et de plumes des quarante tribus défilent selon un rituel précis, avec une langue et des gestes codifiés depuis trois siècles. Le chef, sa reine, l’éclaireur, le porte-étendard sont des rôles enviés, dont l’importance pour la vie du quartier dépasse la période des fêtes. Métissage à la fois réel et métaphorique entre l’héritage amérindien et afro-américain, la tradition des Black Indians façonne la culture de la Nouvelle-Orléans. Elle a coloré l’histoire de la ville depuis les prémisses du jazz jusqu’à la difficile reconstruction morale de l’après-Katrina, ce dont le long métrage documentaire « Black Indians » témoigne au plus près, avec beauté, justesse et chaleur.

En présence de Hugues Poulain , co-réalisateur et chef opérateur du film, le 9 janvier à 20:30

09.01 > 20:30 + 16.01 > 22:00 + 26.01 > 19:00 + 30.01 > 20:00 + 07.02 > 20:00 + 16.02 > 21:00 + 23.02 > 21:00

6€ / 4€

 

CARNAVAL TOTAAL !

EXPO COLLECTIVE 09.01> 23.0209.01 > 18:00 vernissage CARNAVAL TOTAAL !

C’est la Crâne-Morte, puis la cohorte des masques agencée par le crew « le Mulet » qui constituent le comité d’accueil de l’espace du Nova. Dans le bar, vous trouverez quelques films et documents enthousiasmants qui vous permettront d’améliorer vos connaissances carnavalesques avant de préparer vos masques avec les meilleurs tricks DIY du Carnaval Sauvage de Bruxelles. Vous pourrez aussi fourrer les gros bidons du Promoteur Immobilier et de la Bureaucratie de vos récriminations avant qu’ils ne soient brûlés pour de vrais et définitivement au Carnaval 2020. Quoi de plus chouette que Carnaval ? Préparer Carnaval !!!

 

 

Si le temps moderne, judéo-chrétien et capitaliste, est pensé comme linéaire, croissant et progressiste, les vieilles traditions européennes le conçoivent plutôt comme cyclique. La roue continue de tourner mais le renouveau a besoin d’être scandé par une fête rituelle : c’est carnaval. Les traditions sont certainement ancestrales, mais elles vivent, elles évoluent et se renouvellent sans cesse. » Le carnaval est une fête que le peuple se donne à lui-même » disait Goethe, force est de constater que carnaval ne vaut que lorsqu’il est porté par des pratiques populaires. Des pratiques culturelles, collectives, festives, qui forment des représentations de soi, de l’autre, et de la vie en société avec tout ce que ça implique de politique. Une fois masqué ou grimé, les censures tombent et c’est l’imaginaire collectif qui est à la manœuvre, pour le meilleur et pour le pire, l’outrance déborde, les valeurs s’inversent, le monde en feu est renversé. Refroidies, les cendres nous demandent ce qui a été renforcé : notre puissance collective, ou celle de l’ordre social revenu. Carnaval Totaal ! tente un tour d’horizon subjectif des pratiques carnavalesques d’aujourd’hui et d’hier. En Europe où elles sont nées, et dans les mondes colonisés qui se les sont réappropriées en les hybridant allègrement.

Une collaboration du Nova et de la Société de Carnaval Sauvage de Bruxelles

https://www.nova-cinema.org/prog/2020/176/carnaval-totaal/article/carnaval-totaal#article-22356

 

Masques traditionnels du monde entier

Collection Jean-Pierre Dallemand – Jacqueline Manceau. Masques traditionnels du monde entier… pour un usage théâtral !

L’exposition présentée est une collection d’objets authentiques patiemment assemblée par les comédiens de l’Atelier 44, compagnie théâtrale, au cours de leurs voyages ou déplacements. 
Une façon de partir à la découverte et à la rencontre d’autres cultures! Se questionner sur la tradition théâtrale dans le monde ne répond pas à une vocation sur un patrimoine en danger ou une richesse à sauvegarder. C’est au contraire s’intéresser à l’art vivant, au travers de ses principes fondateurs car tous ces objets supposent le mouvement et incarnent des personnages. Ils ont traversé le temps, les continents ce qui fait que chaque pièce est porteuse de mémoire, de témoignages, d’aventures et de sentiments !

Cette invitation au voyage – par les formes et les couleurs – au travers à la fois de l’histoire et de la localisation géographique, est représentative de ce qui existe encore aujourd’hui, pour peu qu’on décide de voyager « autrement » et tant pis si l’ensemble de ces formes relève plus de l’artisanat que d’une moderne industrie : c’est sans doute ce qui rend cette présentation encore plus intéressante pour le domaine de la fabrication (sculpture et arts plastiques) et pour celui de l’animation (utilisation théâtrale des différents objets-masques).

Au-delà des repères anecdotiques propres à chaque pièce, il y a donc toujours une part d’histoire qui nous renvoie à un regard ou à une promesse de dépassement ! Le masque si souvent malmené, marginalisé, abandonné est pourtant toujours en vigueur pour des usages domestiques ou festifs partout dans le monde.

On peut donc encore l’approcher selon plusieurs angles : celui du matériau, celui de la fonction, celui de l’utilisation etc. et toujours il nous renvoie à nous-même, car plus qu’il ne cache, il révèle !
Puisse cette diversité issue du monde, nous questionner suffisamment pour mieux le comprendre !

Les Baraques Polichinelles

Autour de la figure du bossu légendaire Polichinelle, Francis Debeyre, constructeur de masques et marionnettes, a réuni une centaine d’oeuvres dans l’exposition Les Baraques Polichinelles à la BANK (lieu dédié aux arts de la marionnette à Redon) du 28 octobre au 24 décembre 2017.

 

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Les Origines

D’où vient Pulcinella? Certains le rapprochent de MACCUS, personnage des comédies romaines dont on a trouvé des statuettes dans les fouilles de Pompéi¨. D’autres racontent qu’in serait inspiré d’un comique paysan du village d’Accera, proche de Naples. Rien n’est prouvé…

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Pulcinella roi de Carnaval

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Pulcinella est de tous les carnavals: c’est la figure-clef des carnavals ruraux du sud de l’Italie avec ses tarentelles et sa « chanson de Zéza », peut-être une des origines du personnage.

Jusqu’au 19ème siècle, il est roi de la fête des grands carnavals de Rome et de Venise, de Paris et de Nuremberg.

Il reste aujourd’hui encore la mascotte de nombreux carnavals d’Europe, ainsi en France à Cassel, à Bâle en suisse, ou en Belgique à Fosses-le-Ville où défilent les « Chinels ».

 

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Violence

PULCINELLA peut-être aussi violent par les coups. La bastonnade explose comme dernier argument quand la discussion tourne mal pour lui. Mais il s’enfuit vite quand l’adversaire se rebiffe car Pulcinella est un lâche.

2017-Polichinelle-expo-Redon-Bank (29)pDialogue pour marionnettes

La mort : Pulcinella, Pulcinella, où vas-tu coucher cette nuit ?

Pulcinella : Je coucherai dans mon lit !

La mort : Je viendrai te rejoindre dans ton lit … et je t’étoufferai.

Pulcinella : Alors je me coucherai sous le lit !

La mort : Je te suivrai sous le lit et je t’étoufferai.

Pulcinella: Et moi, j’attraperai le pot de chambre plein de pisse et je te le foutrai sur la gueule !!!

Le Masque de Naples

Naples au sud de l’Italie grouillante de tous les trafics fut l’une des plus grandes capitales d’Europe, juxtaposant palais, église et taudis.

Pour tous, rois, bourgeois, prêtres et surtout pour le menu peuple misérable, PULCINELLA incarne la « napolitude » avec ses qualités et ses défauts, la débrouille et la roublardise, l’arranglarsi, …

Et Naples rit d’elle-même en regardant PULCINELLA tour à tour malhonnête et misérable, amoureux et colérique, ridicule et grandiose.

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Du poulet au coq

L’apparence de Polichinelle fut d’abord, au début du 17ème siècle, celle de Pulcinella et des farceurs de foire: nez crochu et larges habits blancs. Mais son extrême vulgarité provoqua son rejet provisoire des scènes.

Vers la fin du siècle, il réapparut sous une nouvelle apparence qui ne varia guère depuis. La double bosse rendait sa silhouette immédiatement reconnaissable. Son nouvel habit était le mélange de la tenue du fou de cour et de l’uniforme du capitan de comédie: jaune, vert, rouge alternés par moitié ou par bandes.

Ce vieux coq poudré, de plus en plus chargé de dentelles, de rubans et de grelots devint alors le déguisement familier des bals, des carnavals et des opéras.

Drôle d’oiseau

Pulcino (en italien): poulet, poussin

Pulcinella (diminutif féminisé): petite poulette

Yeux fixes, nez en bec, voix caquetante, bêtise légendaire, démarche sautillante, tout, dans Pulcinella, rappelle le poulet teigneux et maigrichon des ruelles de la pauvreté.

2017-Polichinelle-expo-Redon-Bank (36)p

BOSSU

PULCINELLA est bossu. Il porte ce qu’à Naples on nomme « la double panse ». C’est aussi le signe de son origine campagnarde: Naples était entouré de marécages et certaines maladies des marais provoquent des difformités. On dit aussi que la bosse porte bonheur: à Naples, ville superstitieuse, le petit bossu avec sa corne rouge et son fer à cheval est une triple protection contre le mauvais œil. On dit « rire comme un bossu » ou « se payer une bosse de rire ». Le bossu est, dans l’art, un « monstre positif » comme les nains. A l’Age Baroque, il amuse les cours des princes. Au temps du Romantisme, il est un héros bon et malchanceux, ainsi Triboulet ou Quasimodo de Victor Hugo.

2017-Polichinelle-expo-Redon-Bank (4)pLa mauvaise réputation

Polichinelle est arrivé dans les bagages des reines et ministres italiens du 17ème siècle.

Joué dans les rues et les foires, il a alors très mauvais genre: sa brutalité et son obsénité ne sont pas du goût du public de cour.

S’attaquant à toute forme d’ordre établi, il devient pendant les périodes révolutionnaires, le porte-parole des plus enragés. Ainsi le voit-on, dans son castelet dressé près de la guillotine, commenter les exécutions de ses ricanements!

Peu à peu l’Ordre fit taire cette voix monstrueuse qui ne respectait ni Police, ni Famille, ni Maître, ni Dieu.

Mais l’image de la canaille resta longtemps dans la mémoire des caricaturistes politiques qui l’utilisait pour brocarder les « coquins et les copains » au pouvoir.

Sage comme une image

Les « images d’Épinal » ont fixé et multiplié la nouvelle allure de Polichinelle : un vieux farceur bourru couvert de dentelles.

Les planches colorées ont popularisé ses aventures et des chansons en les édulcorant pour ne pas effrayer la clientèle enfantine et la morale bourgeoise.

La fin d’une canaille

Polichinelle-la-canaille ne survécut pas au Second Empire et le petit peuple fut dépossédé de son porte-parole.

Les jardins publics étaient devenus payants. Les spectacles devaient être autorisés par la police. Bientôt le rôle de Polichinelle se réduisit à la parade d’ouverture des spectacles d’un Guignol sagement facétieux.

Le public se réduisit aux enfants sages escortés de les parents et de leurs nounous. Finie la vulgarité ! Il devint une friandise, un jouet, une image de garnement bien loin de la canaille d’antan.

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Depuis le 17ème siècle, et encore aujourd’hui, pour les fêtes, les anniversaires et les vacances à la plage, Les Doctors (ainsi se nomment eux-même les montreurs de Punch & Judy) jouent l’éternelle ballade dans leur castelet à rayures.

Petits et grands reprennent en chœur les répliques et les chansons.

That’s the way to do it!

 

God Save Mr Punch

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Mr Punch, l’assassin ricaneur, le trousseur de filles, est un héros national, une incarnation du génie britannique.

Bien sûr, ce coquin est né de Pulcinella que des bateleurs italiens avaient acclimaté aux tréteaux de Londres (son nom est l’abréviation de Punchiniello).

Mais il est aussi une incarnation d’Old Nick, le bouffon paillard et diabolique du Moyen-Age anglais.

WANTED !

La ballade de Mister Punch est l’histoire d’un serial killer, un vrai jeu de massacre. Le pantin bossu et crochu est persifleur, brutal et obsédé. Il assassine successivement son bébé, sa femme, le médecin, un crocodile, un gendrame, le bourreau, le Diable en personne. Et même la mort. Tout cela dans un grand rire grinçant et suraigu.

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Don Cristobal l’Espagnol (comme le Portugais Don Roberto) est un digne membre de la famille: ce notable avaricieux est un ivrogne violent et libidineux. Son chantre le plus célèbre fut le poète Federico Garcia Lorca dans deux pièces « Marionnettes au gourdin » (1937) et « Le petit retable de Don Cristobal » (1938).

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HANSWURT (jean Saucisse) est d’abord l’héritier de HANSNARR, Jean le fou carnavalesque de Moyen-Age allemand.

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HANSWURST a assimilé la tradition de Pulcinella et de Polichinelle au contact des bateleurs étrangers.

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Son (mauvais) caractère est dominé par l’ivrognerie et la gueulardise. Luther traitait les moine de « HANSWURST ! »

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Les aventures et les combats de HANSWURST ressemblent beaucoup à ceux de ses cousins.

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2017-Polichinelle-expo-Redon-Bank (18)p.jpgKARAGÖZ LE TURC

KARAGÖZ est le héros du théâtre d’ombres turc. Ses origines sont-elles indiennes? tziganes? égyptiennes? En tout cas, on le trouve dans tout l’ancien empire turc c’est-à-dire autour de la Méditérranée.

Homme du peuple roublard, bâfeur, paresseux, querelleur, doté d’un gros appétit sexuel, il se bat contre tous les pouvoir. Ainsi, il fut interdit en Algérie parce qu’il ridiculisait les colons français.

 

KARAGHIOSIS LE GREC

En Grès, au moment de la guerre d’indépendance, le bossu changea de nom et devint le symbole de la lutte… contre les Turcs !

Moins vulgaire que son homologue turc, fortement teinté de nationalisme, il reprend le vieux répertoire des légendes traditionnelles grecques.

 

2017-Polichinelle-expo-Redon-Bank (20)p.jpgOn raconte que le sultan Orhan faisait construire une mosquée à Bursa. Sur le chantier, le forgeron KARAGÖZ distrayait les ouvriers de leur travail par les plaisanteries. Comme le chantier n’avançaient guère, le sultan fit pendre KARAGÖZ, mais, prit de remords, il demanda à l’un de ses courtisans de la faire revivre par des contes.

On raconte aussi que KARAGÖZ, tzigane, beau parleur, rusé et menteur était le messager de l’empereur de Byzance. Hadjivat, lui, portait le courrier à La Mecque. Quand leurs chemins se croisaient, les deux compères s’arrêtaient, buvaient et se disputaient pour la plus grande joie des témoins!

VITEZ LASZLO est le héros comique des marionnettes traditionnelles hongroises depuis le 17ème siècle. Aujourd’hui, son dernier montreur, Henrik Kemeny, a plus de 80 ans. Vitez Laszlo est un bidasse naïf et grossier qui se saoule dès qu’il en a l’occasion, court les filles et se bat avec les officiers et les diables. Bref, il est de la famille ! Signe particulier : il massacre ses adversaire à coup de poêle à frire !

Images d’autres curiosités présentes dans l’exposition, photo © Laëtitia Rouxel

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Pourquoi un animal?

Pourquoi un animal? Un animal, surtout un chat, je parle du chat, c’est une vérité, une liberté. Bien sûr en partie socialisée parce que ce sont des animaux domestiques. Mais en même temps sans aucune des exigences et des masques que l’homme revêt, en société par nécessité. Donc un animal non dressé, un peu domestique c’est vrai, mais qui comme pour un chat reste au fond une liberté, c’est la vie dans son authenticité. C’est un peu comme une plante si vous voulez. Quand on met une plante en pot c’est aussi la vie. Je crois que c’est un peu pour ça qu’on voit aujourd’hui les gens dans nos sociétés avoir de plus en plus d’animaux et de plus en plus de plantes. La vie vraie des gens et leurs visages vrais deviennent si rare, se masquent si souvent qu’on a envie de pouvoir avoir un animal.

Max Gallo entendu dans l’émission radio Sur les Docks: A plumes et à poils, un documentaire de Vinciane Moeschler

http://www.franceculture.fr/emissions/sur-les-docks/plumes-et-poils

Phyllis Galembo

Photographe, professeur à l’Université de New York et collectionneuse de costumes d’Halloween, Phyllis Galembo explore depuis trois décennies les tréfonds de l’Afrique de l’Ouest et des Caraïbes pour en capturer les rituels religieux et la culture locale. Autant d’occasions de mettre en scène un imaginaire hybride, quelque part à la croisée des chemins entre la fiction, la mode vestimentaire et l’anthropologie.

Phyllis Galembo, Two in Fancy Dress with Pointed Hats, Tumus Masquerade Group, Winneba, Ghana, 2009

Phyllis Galembo, Masquerade groups, Ghana, 2009-2010

–> http://galembo.com/

Interview:

Mascarade, une décennie à représenter les rituels qui font partie de religions aux racines africaines et qui sont tous connectés.

Phyllis, d’où vous vient cette fascination pour ces religions qu’on appelle « syncrétiques »?
Dans le passé j’ai beaucoup travaillé sur des religions traditionnelles au Nigeria,à Haïti et au Brésil. Les connexions sont devenues claires pour moi et m’ont permis de voir vers où je voulais aller travailler ensuite. Je suis retournée au Nigeria et après y avoir photographié des prêtres et des prêtresses, je me suis concentrée sur des danseurs de mascarade au Bénin, le vaudou et le carnaval de Jacmel à Haïti et beaucoup d’autres endroits colorés et dynamiques.

Donc est-ce que les photographies sont purement esthétiques ?
Je me concentre vraiment sur le côté artistique et esthétique d’abord, mais je suis aussi très intéressé par l’histoire derrière les costumes colorés. La Couleur est une grande partie du costume et le rituel. Les éléments comme la couleur, la lumière et l’arrière-plan renforcent la photo et le récit.

Est-ce que ces éléments sont toujours présents ou y a-t-il aussi un certain niveau de mise en scène ou d’organisation et dans quelle mesure ?
C’est seulement mis en scène une fois que j’obtiens la permission de la personne de poser. J’ai mon studio portable, qui permet d’apporter aux couleurs beaucoup de lumière. J’utilise seulement mon matériel pour des raisons techniques, ce n’est pas mis en scène : je situe la scène et c’est tout.

Et après cela ?
Je les photographie juste où je les trouve. La plupart du temps ils sont en dehors des rituels, mais parfois je les attrape dans le feu de l’action. Dans ce cas vous obtenez les arrière-plans les plus exceptionnels. c’est difficile parce que souvent ces cérémonies sont tout à fait privées.

Est-ce que c’est un projet continu ou y-a-t-il d’autres projets à venir ?
Ceux-ci sont tous les petits projets dans un grand projet où ils peuvent être autonome, mais je n’en suis pas encore là. Les rituels changent toujours. J’ai photographié dans un village pendant plus de dix ans et il y a toujours quelque chose de différent.

Il est assez étonnant de voir ce qui arrive sur la durée. Ça reflète un peu la politique dans une certaine période aussi. En plus, j’ai traversé d’autres endroits intéressants, comme le Burkina Faso et le Congo, mais j’essaye de me concentrer pour terminer maintenant. Vous ne savez jamais quelle sera la prochaine obsession.

 

Sources: http://www.gupmagazine.com/articles/an-interview-with-phyllis-galembo

En psychologie archétypale…

En psychologie archétypale, le vêtement peut personnifier la présence extérieure. La persona est un masque que la personne présente au monde. Il cache beaucoup de choses. Avec des rembourrages et des déguisements psychiques adéquats, les hommes comme les femmes peuvent présenter une persona quasi parfaite, une façade quasi parfaite.

Lorsque la clef qui pleure des larmes de sang – la question – tache notre persona, nous ne pouvons cacher plus longtemps nos peines. Nous pouvons dire ce que nous voulons, présenter une façade des plus souriantes, une fois que nous avons reçu le choc de la découverte de la chambre du crime, nous ne pouvons prétendre plus longtemps qu’elle n’existe pas. Et de voir la vérité nous fait perdre encore des flots d’énergie. Cela fait mal. Il s’agit d’une artère sectionnée. Nous devons immédiatement remédier à cet état épouvantable.

Extrait du livre de Clarissa Pinkola Estès, Femmes qui courent avec les loups, histoires et mythes de l’archétype de la femme sauvage. p 86 édition Le Livre de Poche