Masques traditionnels du monde entier

Collection Jean-Pierre Dallemand – Jacqueline Manceau. Masques traditionnels du monde entier… pour un usage théâtral !

L’exposition présentée est une collection d’objets authentiques patiemment assemblée par les comédiens de l’Atelier 44, compagnie théâtrale, au cours de leurs voyages ou déplacements. 
Une façon de partir à la découverte et à la rencontre d’autres cultures! Se questionner sur la tradition théâtrale dans le monde ne répond pas à une vocation sur un patrimoine en danger ou une richesse à sauvegarder. C’est au contraire s’intéresser à l’art vivant, au travers de ses principes fondateurs car tous ces objets supposent le mouvement et incarnent des personnages. Ils ont traversé le temps, les continents ce qui fait que chaque pièce est porteuse de mémoire, de témoignages, d’aventures et de sentiments !

Cette invitation au voyage – par les formes et les couleurs – au travers à la fois de l’histoire et de la localisation géographique, est représentative de ce qui existe encore aujourd’hui, pour peu qu’on décide de voyager « autrement » et tant pis si l’ensemble de ces formes relève plus de l’artisanat que d’une moderne industrie : c’est sans doute ce qui rend cette présentation encore plus intéressante pour le domaine de la fabrication (sculpture et arts plastiques) et pour celui de l’animation (utilisation théâtrale des différents objets-masques).

Au-delà des repères anecdotiques propres à chaque pièce, il y a donc toujours une part d’histoire qui nous renvoie à un regard ou à une promesse de dépassement ! Le masque si souvent malmené, marginalisé, abandonné est pourtant toujours en vigueur pour des usages domestiques ou festifs partout dans le monde.

On peut donc encore l’approcher selon plusieurs angles : celui du matériau, celui de la fonction, celui de l’utilisation etc. et toujours il nous renvoie à nous-même, car plus qu’il ne cache, il révèle !
Puisse cette diversité issue du monde, nous questionner suffisamment pour mieux le comprendre !

La ville mexicaine qui éclate des piñatas remplies d’animaux vivants

Cet article a été initialement publié sur VICE Mexique puis publié sur http://www.vice.com/fr/read/sacrifice-animaux-citilcum-922?utm_source=vicefrfb Par Tomás Martín

Toutes les photos sont de Hugo Borges

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Chaque année, sans exception, les habitants de la ville de Citilcum célèbrent un rituel connu sous le nom de Kots Kaal Pato. Pour résumer grossièrement, les habitants se parent de leurs plus beaux habits, se réunissent près d’une structure en bois située dans le centre-ville avant de tuer un tas d’animaux innocents.

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Le Kots Kaal Pato n’est pas si éloigné des traditionnelles piñatas du Mexique. Mais au lieu de remplir un récipient en papier mâché de bonbons colorés, les gens y insèrent des animaux vivants réunis par les enfants de la ville. Si la plupart de ces pauvres animaux sont des iguanes, on peut aussi y trouver des espèces en voie de disparition, comme des opossums.

Ce rituel voit ensuite les gens se succéder pour frapper les animaux avec des bâtons. Malheureusement, les rares bêtes qui survivent à l’issue du massacre succombent souvent à leurs blessures. Si elles arrivent miraculeusement à s’échapper, la foule s’empresse de les rattraper pour les écraser.

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Après avoir écoulé leur stock d’opossums, les habitants de Citilcum ont amené un canard. L’oiseau est attaché et pendu à une structure en bois, et les gens se bousculent pour être les premiers à l’attraper.

Bien évidemment, le canard est mort au moment où sa nuque a été brisée, mais il faut parfois un peu de temps pour que le « champion » parvienne à décapiter l’animal. Le public finit souvent aspergé de sang. Le plus choquant, c’est que les habitants ne semblent pas du tout troublés par ce spectacle macabre. Au contraire, tous semblent éprouver une certaine joie.sacrifice-animaux-citilcum-922-body-image-1432818141

Bien que cet événement soit très important pour les gens de Citilcum, aucune des personnes présentes n’a été en mesure de m’expliquer les origines de cette tradition cruelle – pas même les anciens du village.

« On ne sait pas vraiment d’où vient cette tradition. Mes parents m’ont appris son existence, et eux-mêmes le tiennent de leurs propres parents, etc. À l’époque, le rituel se pratiquait autour d’un kapokier situé non loin d’ici, mais en 2002 – quand l’ouragan Isidore a sévi sur le Yucatán –, l’arbre est tombé », m’a raconté Idelfonso Tec, un vieil homme né à Citilcum. Depuis, la célébration se déroule dans un parc situé près des établissements municipaux de la ville.

Freddy Poot Sosa, un chercheur spécialisé dans la culture maya, avait l’air aussi peu informé sur l’événement. « Je ne savais pas du tout qu’une telle célébration existait. J’imagine que c’est une tradition très locale et exclusive », m’a-t-il confié.

Personne ne sait vraiment comment ce rituel a commencé, mais une chose demeure certaine – le Kots Kaal Pato existe encore en 2015.