CARNAVAL TOTAAL ! Carnaval xperience

EXPO COLLECTIVE 09.01> 23.0209.01 > 18:00 vernissage CARNAVAL TOTAAL !

Si le temps moderne, judéo-chrétien et capitaliste, est pensé comme linéaire, croissant et progressiste, les vieilles traditions européennes le conçoivent plutôt comme cyclique. La roue continue de tourner mais le renouveau a besoin d’être scandé par une fête rituelle : c’est carnaval. Les traditions sont certainement ancestrales, mais elles vivent, elles évoluent et se renouvellent sans cesse. » Le carnaval est une fête que le peuple se donne à lui-même » disait Goethe, force est de constater que carnaval ne vaut que lorsqu’il est porté par des pratiques populaires. Des pratiques culturelles, collectives, festives, qui forment des représentations de soi, de l’autre, et de la vie en société avec tout ce que ça implique de politique. Une fois masqué ou grimé, les censures tombent et c’est l’imaginaire collectif qui est à la manœuvre, pour le meilleur et pour le pire, l’outrance déborde, les valeurs s’inversent, le monde en feu est renversé. Refroidies, les cendres nous demandent ce qui a été renforcé : notre puissance collective, ou celle de l’ordre social revenu. Carnaval Totaal ! tente un tour d’horizon subjectif des pratiques carnavalesques d’aujourd’hui et d’hier. En Europe où elles sont nées, et dans les mondes colonisés qui se les sont réappropriées en les hybridant allègrement.

Une collaboration du Nova et de la Société de Carnaval Sauvage de Bruxelles

https://www.nova-cinema.org/prog/2020/176/carnaval-totaal/article/carnaval-totaal#article-22356

Compilation

Carnaval XPerience

3 documentaires expérimentaux de haute tenue, mettant en jeu des carnavals aux images fulgurantes. Une belle entrée en matière pour une programmation foisonnante, que vous n’êtes pas prêts d’oublier, du moins jusqu’au prochain Mardi Gras !

+ To Each His Own Mask

Tine Guns, 2017, BE, DCP, sans dial, st ang, 42′

Un essai expérimental d’une artiste gantoise questionnant le rapport des stratégies carnavalesques de la contestation aux rituels du carnaval, leur cycle et leur illusion de désordre. Basé sur la confrontation d’images d’archives ou actuelles disparates, « To Each His Own Mask » est construit tel un tryptique symphonique dont l’esthétisme audiovisuel extrême n’a d’égal que sa grande puissance d’évocation. Un travail artistique subjuguant où le carnaval, peu importe lequel, est interrogé dans son essence même.

+ Malanka

Paul-Louis Leger & Pascal Messaoudi, 2018, FR, DCP, vo uk st fr & ang, 14′

Dans les collines ukrainiennes de Krasnoïlsk, près de la frontière roumaine, Malanka est une fête païenne dont les ours sont les héros. Déjà fascinant par la plastique même des personnages carnavalesques en jeu, dont de flamboyants ours à tête humaine, la maîtrise formelle d’une image noir et blanc ralentie à l’extrême, dotée d’une bande son documentaire travaillée, finit par rendre magique ce rituel d’un autre âge. Splendide !

+ Nan Lakou Kanaval

Kaveh Nabatian, 2014, HT, HD, vo ht st fr, 9′

Un voyage au coeur de l’apocalyptique carnaval haïtien basé sur un texte du jeune poète Gabriel Wood Jerry, tourné en 16mm par des étudiants et leur prof du Ciné Institute à Jacmel en Haïti. Un film expérimental proprement habité par l’esprit d’un carnaval aux réminiscences vaudou, hallucinant !

09.01 > 19:00 + 12.01 > 18:00

4€ / 3€

 

Jo Béranger, Hugues Poulain & Édith Patrouilleau, 2018, FR, DCP, vo ang st fr, 92′

Quel est le lien historique entre la population afro-descendante de la Nouvelle-Orléans et les indiens d’Amérique ? Et comment sont nés les Black Indians du Mardi Gras ? Cette tradition aux racines complexes comporte quelques-unes des musiques les plus fascinantes de la ville et des costumes les plus impressionnants du carnaval. Élaborés patiemment toute l’année, les parures de perles et de plumes des quarante tribus défilent selon un rituel précis, avec une langue et des gestes codifiés depuis trois siècles. Le chef, sa reine, l’éclaireur, le porte-étendard sont des rôles enviés, dont l’importance pour la vie du quartier dépasse la période des fêtes. Métissage à la fois réel et métaphorique entre l’héritage amérindien et afro-américain, la tradition des Black Indians façonne la culture de la Nouvelle-Orléans. Elle a coloré l’histoire de la ville depuis les prémisses du jazz jusqu’à la difficile reconstruction morale de l’après-Katrina, ce dont le long métrage documentaire « Black Indians » témoigne au plus près, avec beauté, justesse et chaleur.

En présence de Hugues Poulain , co-réalisateur et chef opérateur du film, le 9 janvier à 20:30

09.01 > 20:30 + 16.01 > 22:00 + 26.01 > 19:00 + 30.01 > 20:00 + 07.02 > 20:00 + 16.02 > 21:00 + 23.02 > 21:00

6€ / 4€

 

Phyllis Galembo

Photographe, professeur à l’Université de New York et collectionneuse de costumes d’Halloween, Phyllis Galembo explore depuis trois décennies les tréfonds de l’Afrique de l’Ouest et des Caraïbes pour en capturer les rituels religieux et la culture locale. Autant d’occasions de mettre en scène un imaginaire hybride, quelque part à la croisée des chemins entre la fiction, la mode vestimentaire et l’anthropologie.

Phyllis Galembo, Two in Fancy Dress with Pointed Hats, Tumus Masquerade Group, Winneba, Ghana, 2009

Phyllis Galembo, Masquerade groups, Ghana, 2009-2010

–> http://galembo.com/

Interview:

Mascarade, une décennie à représenter les rituels qui font partie de religions aux racines africaines et qui sont tous connectés.

Phyllis, d’où vous vient cette fascination pour ces religions qu’on appelle « syncrétiques »?
Dans le passé j’ai beaucoup travaillé sur des religions traditionnelles au Nigeria,à Haïti et au Brésil. Les connexions sont devenues claires pour moi et m’ont permis de voir vers où je voulais aller travailler ensuite. Je suis retournée au Nigeria et après y avoir photographié des prêtres et des prêtresses, je me suis concentrée sur des danseurs de mascarade au Bénin, le vaudou et le carnaval de Jacmel à Haïti et beaucoup d’autres endroits colorés et dynamiques.

Donc est-ce que les photographies sont purement esthétiques ?
Je me concentre vraiment sur le côté artistique et esthétique d’abord, mais je suis aussi très intéressé par l’histoire derrière les costumes colorés. La Couleur est une grande partie du costume et le rituel. Les éléments comme la couleur, la lumière et l’arrière-plan renforcent la photo et le récit.

Est-ce que ces éléments sont toujours présents ou y a-t-il aussi un certain niveau de mise en scène ou d’organisation et dans quelle mesure ?
C’est seulement mis en scène une fois que j’obtiens la permission de la personne de poser. J’ai mon studio portable, qui permet d’apporter aux couleurs beaucoup de lumière. J’utilise seulement mon matériel pour des raisons techniques, ce n’est pas mis en scène : je situe la scène et c’est tout.

Et après cela ?
Je les photographie juste où je les trouve. La plupart du temps ils sont en dehors des rituels, mais parfois je les attrape dans le feu de l’action. Dans ce cas vous obtenez les arrière-plans les plus exceptionnels. c’est difficile parce que souvent ces cérémonies sont tout à fait privées.

Est-ce que c’est un projet continu ou y-a-t-il d’autres projets à venir ?
Ceux-ci sont tous les petits projets dans un grand projet où ils peuvent être autonome, mais je n’en suis pas encore là. Les rituels changent toujours. J’ai photographié dans un village pendant plus de dix ans et il y a toujours quelque chose de différent.

Il est assez étonnant de voir ce qui arrive sur la durée. Ça reflète un peu la politique dans une certaine période aussi. En plus, j’ai traversé d’autres endroits intéressants, comme le Burkina Faso et le Congo, mais j’essaye de me concentrer pour terminer maintenant. Vous ne savez jamais quelle sera la prochaine obsession.

 

Sources: http://www.gupmagazine.com/articles/an-interview-with-phyllis-galembo